Séance jeune public Le septième voyage de Sinbad :: Mercredi 15 avril à 16h


Le cycle Ray Harryhausen continue !

Magicien des effets spéciaux à une époque où les dinosaures n’avaient pas besoin d’ordinateurs pour revenir à la vie, auteur de moments d’anthologie comme la bataille des squelettes de Jason et les Argonautes, ou le vol du ptérodactyle d’Un million d’années avant J.C., producteur du Choc des Titans, Ray Harryhausen est mort le 7 mai 2013 à Londres où ce Californien s’était installé en 1960. Il avait 92 ans.
George Lucas, le producteur et réalisateur de La Guerre des étoiles lui a aussitôt rendu hommage : « J’avais déjà vu des films fantastiques, mais aucun d’entre eux ne m’ont impressionné comme ceux de Ray ». Ce sont pourtant les techniques optiques et numériques mises au point par Lucas et ses épigones qui ont relégué au rayon des antiquités les tours de magie artisanaux de Ray Harryhausen, génie de l’animation de figurines image par image, un art qu’il avait porté  à un niveau proche de la perfection, jusqu’à son dernier long-métrage, Le Choc des Titans, sorti en 1981.
L’histoire de l’artiste Harryhausen commence en 1933, à la sortie de King Kong, de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsak. Né le 29 juin 1920 à Los Angeles, Ray Harryhausen est envoûté par le grand singe, en fait une marionnette, animée par Willis O’Brien. L’adolescent soumet alors ses premiers travaux à O’Brien qui l’encourage à prendre des cours de sculpture. Dans les années 1940, Harryhausen fait ses débuts en collaborant aux « Puppetoons« , des courts-métrages d’animation image par image produits pour la Paramount par une autre grande figure des effets spéciaux, George Pal.

Un Oscar des effets spéciaux pour Monsieur Joe

Lorsque Merian C. Cooper décide de produire un nouveau film dont la vedette sera un singe de taille anormale, il en confie les effets spéciaux à Wills O’Brien qui, à son tour, fait appel à Ray Harryhausen. Son travail sur Monsieur Joe est assez spectaculaire et convaincant pour obtenir l’Oscar des effets spéciaux. Harryhausen contribue ensuite au Monstre des temps perdus, d’Eugene Lourié (1953), l’histoire d’un dinosaure ramené à la vie par la corne de brume d’un phare. Le scénario est inspiré d’une nouvelle de Ray Bradbury, un ami proche de Harryhausen qui l’ a rencontré dans un club d’amateurs de science-fiction, à Los Angeles.
Le succès de cette production bon marché assure définitivement la réputation de Harryhausen qui affine sa technique, qu’il baptise Dynamation. Elle consiste à insérer des éléments animés dans des prises de vues réelles en filmant les figurines sur une projection tout en masquant une partie du cadre, sur laquelle on ajoute ensuite un premier plan. Mais en 1957, Le septième voyage de Sindbad de Nathan Juran, pour lequel il réalise des séquences plus nourries de merveilleux que d’horreur, est un relatif échec commercial. Il part pour la Grande-Bretagne où il collabore aux Voyages de Gulliver, de Jack Sher. A Londres, il épouse Diana Livingstone Bruce, descendante de l’explorateur David Livingstone, et se fixe dans la capitale britannique.
Travaillant avec une petite équipe de collaborateurs proches, éloigné des studios hollywoodiens, Ray Harryhausen travaille généralement avec des réalisateurs peu connus, et c’est entièrement à lui que l’on doit de se souvenir de titres comme Jason et les Argonautes ou Un million d’années avant J.C., tous deux réalisés pour Don Chaffey (quoique le bikini en peau de bête de Raquel Welch dans ce deuxième film ne soit pas pour rien dans sa réputation).
En 1981, Ray Harryhausen obtient enfin le financement pour un projet qui lui tient à cœur, Le Choc des Titans, de Desmond Davis dont il est le producteur. On retrouve au générique quelques-uns des meilleurs acteurs britanniques de leur génération : Laurence Olivier dans le rôle de Zeus, Maggie Smith dans celui de Thetis (et Ursula Andress en Aphrodite). Inspiré du mythe de Persée, le film puise aussi dans la mythologie nordique afin de permettre à Harryhausen de créer le Kraken, monstre marin dévastateur. Le succès du film est sans lendemain et les efforts du magicien pour trouver l’argent nécessaire pour La Force des Troyens restent vains.
Intervenant fréquemment dans des documentaires sur le cinéma de genre, donnant de nombreux interviews, Ray Harryhausen devient alors une référence pour tous les créateurs de films fantastiques, de Tim Burton à James Cameron. Mais l’animateur reste méfiant face aux techniques numériques, auxquelles il reproche leur manque d’âme. En 2002, il supervise la réalisation de son dernier film, un court-métrage, qu’il avait commencé cinquante ans plus tôt. »
Thomas Sotinel (Journaliste au Monde)

Mercredi 15 avril à 16h00
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée en libre accès + adhésion annuelle à 5€ pour les adultes accompagnants
Ouverture de la billetterie à 15h


Le Septième Voyage de Sinbad
Nathan Juran – 1958, 1h28
Sur la route maritime qui le ramène à Bagdad en compagnie de sa fiancée, la princesse Parisa, Sinbad fait escale sur l’île de Colossa. Il en profite pour tirer Sokurah, un magicien, des griffes d’un énorme cyclope, qui parvient néanmoins à dérober au sorcier sa lampe magique. Pour contraindre Sinbad à retourner sur l’île de Colossa afin d’y récupérer sa lampe, Sokurah miniaturise la princesse. Seule la coquille d’un oeuf de l’oiseau Roc pourra rendre à Parisa sa taille normale. Or, l’oiseau en question ne vit que sur l’île maudite…
La jolie fiancée de Sindbad, la princesse Parisa, a été miniaturisée par le méchant Sokurah, dont un cyclope vient de voler la lampe magique. Sinbad va aussitôt mettre de l’ordre dans tout cela…
Peu importe l’intrigue abracadabrante : le charme du film – et il est tenace ! – naît de la magie des effets spéciaux mis au point par le grand Ray Harryhausen, dont les terrifiantes créatures, animées image par image, ont sauvé de l’oubli deux bonnes dizaines de séries B extravagantes.
Ici, outre la jeune première transformée en fée Clochette, on notera un cyclope de belle prestance, un dragon tout ce qu’il y a de plus agressif, et le mythique oiseau Roc, au sujet duquel Marco Polo précisa jadis qu’il pouvait soulever un éléphant, et que Harryhausen a affublé, pure licence poétique, de deux têtes. Sinbad triomphera-t-il de l’oiseau bicéphale ?
Bien sûr, et ces combats merveilleux constituent les morceaux de bravoure de ce divertissement poétique et coloré. On prêtera aussi une oreille à la magnifique musique de Bernard Herrmann, le compositeur attitré de Hitchcock.

 

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