Dépendances 1/3 :: Drugstore Cowboy :: Dimanche 5 juin à 19h


Le Respadd, le Bus 31/32 et Videodrome 2 s’associent pour un cycle dans le cadre du programme « Conférence Addictions / migrations » organisée au Pharo par le Respadd et le Bus 31/32 les 7 et 8 juin. Ce cycle est l’occasion d’interroger nos représentations liées aux addictions, de questionner la construction sociale de ce qu’on l’on dénomme communément « drogue », de prendre connaissance, dans un échange avec des professionnels du secteur, des recherches, politiques publiques et dispositifs en jeu actuellement. Quatre films comme quatre portes d’entrée pour une problématique omniprésente dans notre société mais, qui tout comme la question de la prostitution, demeure difficilement appréhendable sans tomber dans les lieux communs qui bloquent la pensée. Les séances seront accompagnées par des professionnels.

Dimanche 5 juin  à 19h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée à prix libre

En collaboration avec le Bus 31/32
En parallèle du programme « Conférence Addictions / migrations »
organisée au Pharo par le Respadd et le Bus 31/32 les 7 et 8 juin.

 

Drugstore Cowboy
Gus Van Sant – 1989,États-Unis, 1h40, VOstFR
Les errances d’un junkie qui vit de rapines dans les drugstores de la côte Ouest pour se procurer son unique raison de vivre : la drogue. Le jour où une de ses amies meurt d’une overdose, il décide de changer de vie mais son passé ne tarde pas à le rattraper.

« C’est un peu Bonnie and Clyde à Portland, Oregon. Si ce n’est que Bob et Diane s’attaquent aux pharmacies plutôt qu’aux banques, avec un goût pour la mise en scène et une prédilection pour les pilules de Dilaudil, le ­produit le plus proche de l’héroïne dans le commerce. Par ailleurs, Bob, beau gosse et grande gueule (c’est Matt Dillon, au top de son charme hébété), et Diane, maîtresse femme, sont flanqués d’un autre couple un peu boiteux, Rick, le demeuré, et Nadine, la cruche. D’où le côté Pieds Nickelés de leurs expéditions, dont le moteur est l’irrépressible dépendance de Bob.

Le junkie est décrit ici comme un malade, mais un malade qui connaît le plaisir autant que la douleur. Gus Van Sant concentre le film sur son cas, évacue sans ménagement les comparses, sauf la figure, très américaine, du flic pater­naliste, à laquelle il oppose celle, moins conventionnelle, du vieux drogué non repenti — un curé ! Ce fantôme (à peine incarné par le génial William Burroughs) peut être, pour Bob le superstitieux, promesse de vie ou signe de mort. Mais le suspense a été tué dès le prologue du film, et c’est tout l’art du cinéaste d’avoir tenu le fil sur un tel sujet. Car le programme du junkie, jamais aussi clairement montré comme parangon de l’angoisse moderne, est de toujours savoir de quoi sera fait le moment suivant, bref d’éliminer le suspense. Faussement relâché, Drugstore Cowboy est un tour de force ».  »
François Gorin pour Télérama

Un éclairage :
Depuis le XVIIIème siècle, les drogues sont soumises à un contrôle étatique dont l’objet varie selon les lieux et les époques. Tantôt il s’agit de favoriser l’usage de drogues dans un but commercial (comme pour le vin) ou fiscal (comme pour le tabac en métropole, l’opium et le cannabis dans les colonies françaises). Tantôt il s’agit de limiter l’usage des drogues, au nom de considérations morales et religieuses ou de la santé publique. Le sort de l’usager, sa santé, ne sont préoccupation majeure des politiques publiques que depuis peu, au milieu des années quatre-vingt- dix.
Le débat public et politique sur les drogues, en France est donc particulier et complexe. Nous assistons régulièrement-ce qui est bien différent d’un débat à des alertes de type sanitaire ou sécuritaire […] Lancées par le gouvernement ou des experts, coproduites par les médias (presse, télévision), elles portent tantôt sur la dangerosité des consommations des « jeunes », sur la diffusion de la cocaïne ou du crack, l’extension des trafics dans les cités dites « sensibles », les violences et homicides qui leur sont attribués. Il est aussi régulièrement question du rôle et de la violence des organisations criminelles et des réseaux de trafics à l’échelle nationale et internationale.
Ainsi tous les politiste en conviennent : la mise sur l’agenda politique n’est, dans bien des cas, pas strictement liées à la gravité objective du problème considéré, mais partiellement déterminés par les compétitions politique du moment.

La réduction des risques :
Une définition :
Le message anglo-saxon pragmatique de la réduction des risques est le suivant : « Si vous le pouvez, ne vous droguez pas. Sinon, essayez de sniffer au lieu d’injecter. Sinon, utilisez une seringue propre. Sinon, réutilisez la vôtre. Au pire, si vous partagez une seringue, nettoyez là à l’eau de Javel ».

La politique de réduction des risques se caractérise par quelques fondamentaux du point de vue de la démarche. Elle valorise la capacité des individus à se prendre en charge. La réduction des risques consisterait ainsi à leur proposer des mesures de santé adaptées à leurs besoins, et non pas imposées de l’extérieur. La réduction des risques fait appel à une dimension pragmatique de santé publique (Lert, 18 Définition tirée de l’Institut National de la Santé et de la recherche Médicale (INSERM) : réduction des risques infectieux chez les usagers de drogues, démarche collective, Juin 2010, 62, Pages 1998) qui prend en compte la trajectoire de l’usager de drogues (Coppel, 1996) et ses conditions d’existence pour répondre à ses besoins (Jauffret-Roustide, 2004). Du point de vue philosophique, la réduction des risques opère un changement paradigmatique fondamental qui rompt avec l’idéal d’éradication des drogues et propose plutôt d’apprendre à « vivre avec les drogues » tout en promouvant la notion de mesure à la place de l’abstinence (Ehrenberg, 1996). Ce changement permet ainsi de dépasser une vision moralisatrice des drogues et de mettre en œuvre une approche fondée sur le non jugement (Stafford, 2007).

La réduction des risques postule la responsabilité des usagers de drogues et invoque leur capacité à modifier leurs comportements si on leur en donne les moyens (Jauffret-Roustide, 2004 ; Moore et Fraser, 2006), c’est-à- dire l’accès à des outils leur permettant de limiter les risques liés à la consommation de drogues. Ce postulat signifie une représentation spécifique de l’usager de drogues et du rapport aux drogues à partir des notions de responsabilité individuelle, d’autonomie, de rationalité des comportements et de participation citoyenne aux politiques publiques (Fraser et Moore, 2008 ; Jauffret-Roustide, 2009). La réduction des risques contribue ainsi à la promotion d’un discours spécifique autour de l’individu, du rapport au corps, et à la place accordée aux usagers de drogues dans la société.

> Voir toutes les séances du cycle « Dépendances » à Videodrome 2

: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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