Danse et cinéma #1 :: Mardi 31 mai à partir de 19h00

Arts du mouvement, cinéma et danse ne pouvaient que se rencontrer. Cette alliance naturelle (Dominique Païni parlait de la « fatalité chorégraphique de l’invention du cinéma ») est aussi le lieu d’une hybridation, dont nous explorerons cette semaine différentes facettes. Pour ouvrir le bal ce soir, nous accueillerons Robin Decourcy pour une performance, avant de découvrir à l’écran deux oeuvres où la danse se fait récit de vie, réelle, avec Nora de David Hinton et Alla Kovgan, ou inventée avec Rue des petites maries de Laurence Rebouillon.

 

Mardi 31 mai à partir de 19h00
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille

19h – entrée à prix libre
:: SANS
performance de Robin Decourcy, suivie de la projection de Near West (12min)

Muni d’un système d’occultation sensoriel, le performer explore sa psyché avec le public comme témoin et protecteur de son expérience intérieure. SANS est le test d’une utilisation de langage comme matière plastique première, extrait d’un corps en mouvement, émis et infusé en direct dans l’espace d’exposition.

:: À propos de Robin Decourcy
Engagé dans des pratiques visant à métisser ou à perturber les disciplines artistiques, Robin Decourcy est à la fois peintre, dessinateur, chorégraphe, performer. Créateur des Trek Danse et enseignant de pratiques d’improvisation, il privilégie aujourd’hui des processus de micro-politiques en utilisant les arts vivants : des formes d’expériences à partager en public (jeux, stages, laboratoires, etc) qui questionnent les normes de l’organisation sociale.
« Capable de traverser l’Espagne, plusieurs mois durant, avec un âne (notamment), d’installer au milieu d’une Galerie un épais volume de ronce sèche, ou de mettre en place des dispositifs de performances touchant à des problématiques liées à une forme d’introspection, il jouit sans relâche de sa liberté pour échafauder une oeuvre dont l’enjeu se situe par-delà la forme. (…) »  Guillaume Mansart

 » Le corps humain, le paysage ou l’objet à la portée du corps humain, semble être au final dans la pratique plastique de Robin Decourcy , le support d’une méditation, d’une réflexion plus large à partager. Jouissances, contemplations, abandons, solitudes, maladies psychiques, vices, accidents sont autant d’états qu’ont peut commencer à identifier dans le tressage de son iconographie mais il apparaîtrait que, tout comme dans ses supports de présentation, ses encadrements ou certaines délimitations de ces dessins il y ait une préférence donnée à une inconstance du sujet, d’une spécialité dans sa dissémination, comme une obéissance profondément tactile, contre-tactique. » Sylvain Pack

20h30
projection

:: A study in choreography for camera
Maya Deren – 1945, Etats-Unis, 3 min
Cette oeuvre emblématique et toujours fascinante répond à ce que Maya Deren appelait le « film danse » : métissage intentionnel de deux formes de créations artistiques.  3 minutes de pure beauté, où l’exercice consiste à dégager le danseur de l’espace statique de la scène d’un théâtre vers un espace qui serait aussi mobile et volatile que lui-même. Il s’agissait en fait d’un duo entre Talley Beatty, qui danse, et l’espace, qui était fait pour danser au moyen de la caméra et du montage.

:: Rue des petites maries
Laurence Rebouillon, Cie Ex Nihilo – 2003, France, 12 min, VF
En présence d’Anne Le Batard, Cie Ex Nihilo
Les villes bombardées gardent en leurs murs les traces de la défaite. Johan, hanté par ses souvenirs, revient dans le quartier de son enfance à Marseille. Là, son jeune amant lui propose une nouvelle forme de lutte : danser dehors.
Voir ce film aujourd’hui, c’est aussi retrouver les premiers gestes de la Cie Ex Nihilo, il y a plus de 10 ans, dans les rues de Belsunce. Peu de gens alors, dansaient dehors… « Nous voyons notre usage nomade des lieux comme un emprunt éphémère et léger plutôt qu’une appropriation, un usage qui n’exclut jamais l’autre. Nous plaçons le danseur sur le même sol que « n’importe qui » : c’est un Monsieur tout le monde, mais dont la danse est le langage… » Anne Le Batard et Jean-Antoine Bigot
Fidèle collaboratrice de la compagnie, Laurence Rebouillon porte un regard sensible sur ces gestes, sur ces êtres, pour en tirer le fil d’une histoire, d’une fiction qui répond à leur expérience du réel.

:: Nora
David Hinton et Alla Kovgan – 2008, Grande-Bretagne/Mozambique, 35 min, VOstFR
« L’histoire de Nora est parsemée de drames mais l’idée n’était pas de les raconter d’une façon grave et dramatique mais plutôt de manière poétique. Il fallait quelque chose de vif, de rapide, quelque chose qui combine clarté et narration avec intensité. » Marie Bergeret
La danseuse Nora Chipaumire est née au Zimbabwe en 1965. Dans ce film, elle revient aux paysages de son enfance et voyage à travers les mémoires vives de sa jeunesse, interprétant par la danse les évènements phares de sa vie (le divorce de ses parents, le décès de son père, son engagement politique, l’exil).
Entre ombre et lumière, silences et bruits, images figées et mouvements saccadés, Nora reconsidère de façon originale le film de danse, qui se fait ici documentaire expérimental, voyage envoutant. La réalisation est signée par Alla Kovgan et David Hinton, dont vous aviez pu découvrir l’année dernière une autre oeuvre sublime : All this can happen.  La performance de Nora Chipaumire, d’une violence sauvage et primitive, toujours en décalage par rapport aux images à caractère anthropologique, est engagée. Au delà du corps, la danse est l’expression même du « je » mêlant identité, racines et cultures.
D’une grande sensibilité, cette biographie physique joue la carte de la distanciation par le biais de la performance et de la théâtralisation de moments précis. À l’instar de Jean Genet, l’auteur des NègresNora interroge de manière très personnelle la relation politique, économique et idéologique entre l’Afrique et l’Occident.

 

> Voir toutes les séances du cycle « Danse et cinéma » à Videodrome 2

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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