Danse et cinéma #3 :: Jeudi 2 juin à partir de 20h00


La programmation de cette séance pourrait emprunter le titre de Maya Deren : A study in choreography for camera. Des Chronophotographies d’Etienne-Jules Marey à One flat thing, reproduced, collaboration de Thierry de Mey et William Forsythe, un corpus de films dont la démarche analytique, raisonnée, soumise à des règles précises de danse et de cadrage, creusent justement l’endroit de leur rencontre. Et, y trouvent au passage une poésie abstraite ou phénoménologique des plus fascinantes.


Jeudi 2 juin 
à partir de 20h00
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille

à 20h
:: focus sur le Festival de Marseille – Danse et Arts Multiples
En avant-séance ce soir, venez boire un verre et découvrir la programmation de l’édition 2016 du Festival de Marseille, qui nous sera présentée par son nouveau directeur : Jan Goossens.

à 20h30
:: Chronophotographies
Etienne-Jules Marey – 1891, France, 5 min
Quelques années avant l’avènement du cinématographe, le scientifique Etienne-Jules Marey invente la chronophotographie. Ce système permet d’impressionner plusieurs fois la même pellicule, afin de donner à voir la décomposition du mouvement sur une même photographie. Locomotions et mouvements divers de l’homme, du cheval, du poisson, etc … seront ainsi capturés. Outre leurs vertus scientifiques (correspondant aux recherches physiologiques de Marey), ces images véhiculent une immense poésie : la fascination de découvrir ce qui était jusqu’alors invisible dans le galop d’un cheval, le vol d’un oiseau, le saut de l’homme.

 

:: Pas de deux
Norman McLaren – 1968, Canada, 13 min
Film expérimental qui met en scène Margaret Mercier et Vincent Warren, deux étoiles des Grands Ballets canadiens. Les danseurs vêtus de blanc évoluent dans un décor peint en noir, et l’ensemble, harmonieux, traduit toute la créativité de McLaren.

 

:: Nine variations on a dance theme
Hilary Harris – 1966, Etats-Unis, 13 min
Bettie de Jong (danseuse de la Paul Taylor Company) réalise la même phrase chorégraphique neuf fois d’affilée, commençant et finissant dans la même position. La caméra tourne autour de la danseuse, comme autour d’une sculpture mouvante qu’elle approche, découvre, étudie, se faisant de plus en plus aventureuse.
Réalisé par l’auteur de cinéma expérimental Hilary Harris, ce film est aussi simple et direct que son titre le suggère : un examen puissant de la forme humaine et de la forme filmique et des possibilités de leur interaction.

 

:: Calico Mingling
Lucinda Childs, Babette Mangolte – 1973, Etats-Unis, 10 min

Sur une grande esplanade new-yorkaise, quatre danseuses effectuent, en silence, des trajectoires en lignes droites, mouvements circulaire et allers-retours répétés à l’infini. Le sol quadrillé, la gestuelle géométrique et la blancheur immaculée des costumes s’inscrivent dans une recherche de pureté chorégraphique que vient épouser la caméra de Babette Mangolte. Celle-ci, chef-opérateur (notamment pour Chantal Akerman) s’intéresse de près à la danse moderne et à sa mise en image. Elle choisit ici le noir et blanc, la sobriété, mais aussi l’image de vues plongeantes offrant une perception nouvelle de l’espace de la danse.

 

:: One flat thing, reproduced
Thierry de Mey, William Forsythe – 2006, Belgique/Etats-Unis, 26 min

One Flat Thing, reproduced est à la fois un prolongement du projet scénique éponyme, et une œuvre complètement inédite, spécialement conçue comme un film. Cette création constitue une étape d’importance majeure dans le parcours de William Forsythe, en donnant lieu pour la première fois à une œuvre audiovisuelle. Le film réalisé par Thierry de Mey – un des plus importants réalisateurs de films de danse (fidèle collaborateur de Anne Teresa de Keersmaeker) – est conçu comme une œuvre filmique à part entière, où la création est filmée comme un film d’action. Une alternance de plans fixes, travellings et arrêts sur image, montés de manière saccadée et tranchante. Thierry De Mey filme la danse sous des angles inhabituels (au-dessus et en dessous des tables) pour élaborer une syntaxe d’images originales et transcrire cette danse. Grâce aux rapports entre les objets fixes, les corps en mouvement et l’articulation de la caméra, le film capture les principes chorégraphiques développés par Forsythe, fondés sur un système de signes visuels et interactifs entre les danseurs, en les transformant en langage du cinéma. La manière de filmer, sensible aux regards et aux échanges entre les danseurs permet de mieux percevoir la complexité de la création. Ainsi, surgissent de manière apparente : l’esthétisme des formes, l’intensité des gestes et également une certaine humanité, due aux échanges des regards.

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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