Huis clos : la sélection thématique de mai au vidéoclub


« On pense beaucoup quand, où qu’on se tourne, on est toujours devant quatre murs interminables et monotones. » (Sade)
La sélection thématique de ce mois-ci se propose d’explorer le huis clos sous toutes ses formes.

Le huis clos – littéralement porte fermée – désigne au cinéma, au sens premier, une œuvre dont l’action se situe en un lieu coupé de l’extérieur. Par extension, toute histoire se déroulant dans une unité de lieu unique, isolé d’un ailleurs, répond à l’appellation. La pièce fermée, la cellule ou la maison que nous évoque le terme peut ainsi être entendue dans une acceptation plus ouverte (sic), et on peut déceler dans l’histoire du cinéma des cas de huis clos en extérieur, où les personnages semblent enfermés dehors (souvenez-vous du film d’Albert Dupontel du même nom, qui paradoxalement n’en est pas un).

Ainsi, de genre il n’est pas question. Le huis clos est davantage un dispositif, une contrainte que l’on pose. Certains grands réalisateurs privilégièrent cette forme, notamment Roman Polanski dans Répulsion, La jeune fille et la mort, Rosemary’s baby, Le locataire, Cul-de-sac, ou plus récemment Carnage et La vénus à la fourrure, et même son tout premier long-métrage Le couteau dans l’eau, excellent exemple de huis clos en extérieur. Hitchcock, également, on pense à La corde, Lifeboat, Fenêtre sur cour ou encore Le crime était presque parfait. John Carpenter enfin, avec Assaut, The thing, ou Prince des ténèbres.

Contraindre l’action à un espace bouclé sur lui-même, abolir la possibilité pour les personnages de sortir, c’est aussi forcer la narration et les thèmes abordés à s’ouvrir à d’autre dimension que la dimension spatiale. Si l’on ne peut plus évoluer à l’horizontal, c’est sur un axe vertical que cette contrainte nous mène : au-dessus de nous, dieux et forces invisibles, en-dessous, strates géologiques et passés lointains de ce qui précède l’Homme, et enfin en nous-même, les méandres de la psychologie. C’est ainsi que le huis clos se trouve naturellement être une forme idéale pour ce qui relève du mystique (Ordet de Carl Theodor Dreyer), des vices et fantasmes (les films de Polanski, mais aussi La grande bouffe ou The servant), et de la peur de l’inconnu (Bug, Alien).

 

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:: Huis clos

Le locataire – Roman Polanski
La jeune fille et la mort
– Roman Polanski
Le couteau dans l’eau
– Roman Polanski
Bug
– William Friedkin
La corde
– Alfred Hitchcock
The descent
– Neil Marshall
Ten
– Abbas Kiarostami
Assaut
– John Carpenter
Key largo
– John Huston
Douze hommes en colère
– Sydney Lumet
La nuit la plus longue
– José Bénazéraf
Gerry
– Gus Van Sant
Lifeboat
– Alfred Hitchcock
Buried
– Rodrigo Cortes
Snake eyes
– Brian De Palma
Alien
– Ridley Scott
Cris et chuchotements
– Ingmar Bergman
La grande bouffe
– Marco Ferreri
Rec
– Jaume Balaguero
Un conte de Noël
– Arnaud Desplechin
The servant
– Joseph Losey
The We and the I
– Michel Gondry
Ordet
– Carl Theodor Dreyer
Shining
– Stanley Kubrick
Gouttes d’eau sur pierres brûlantes
– François Ozon
Funny games
– Michael Haneke
Salo ou les 120 journées de Sodome
– Pier Paolo Pasolini

 

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