Regards sur le cinéma iranien :: Fish and Cat :: Vendredi 27 mai à 20h30


Du mardi 24 mai au dimanche 29 mai 2016, Videodrome 2 et le Gyptis vous proposent de concert un ticket pour l’Iran. Le cinéma iranien est un cinéma paradoxal, contraint pour une part à évoluer à la marge dans son propre pays et à chercher la reconnaissance internationale. Il est l’un des plus reconnus au monde. Nous proposons une traversée pour rencontrer quelques chef d’œuvres de ces grands noms mais également porter votre attention sur quelques découvertes dont Fish and Cat de Shahram Mokri, étonnant et audacieux, également inédit en France.

 

Vendredi 27 mai à 20h30
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille

Un film inédit en France

Une programmation croisée avec Le Gyptis

Fish and Cat
Shahram Mokri – 2013, Iran, 2h14, VOstFR

Des restaurateurs du nord de l’Iran condamnés pour avoir servi de la viande humaine à leurs clients. Image: Un groupe d’étudiant(e)s campent aux abords d’un lac à l’orée d’une forêt où rôdent deux hommes aux mines patibulaires et au comportement aussi étrange qu’inquiétant. Ceux-là sont venus participer à une compétition de cerfs-volants. Il a suffi de peu de choses à Shahram Mokri, jeune cinéaste iranien, pour créer une atmosphère troublante et instiller le doute et l’angoisse. Et qui plus est, en un seul plan.

 

L’avènement du numérique a élargi l’éventail des possibilités techniques pour la fabrication d’un film. On aurait pu croire que Sokourov, avec son Russian Ark, après avoir fait le tour de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg, aurait aussi fait le tour de la question de l’utilisation de ces possibilités technologiques en proposant un seul long plan séquence pour la durée d’un film. Fish and Cat et Shahram Mokri nous prouvent que nous n’avons encore rien vu. Chez le Russe, l’action était unique, se déroulait dans un espace clos, et la caméra suivait un couple de personnage faisant office de fil conducteur, les passages d’une salle à l’autre formant les chapitres de cette action. Tout cela permettait au spectateur de garder la maîtrise du temps. Avec l’Iranien, rien de tel. La scène n’a plus de limite physique, nous partons d’un restaurant avec deux hommes pour pénétrer dans une forêt, où discutent un père et son fils, et finalement arriver parmi un groupe d’étudiants campant au bord d’un lac, ayant perdu en chemin les deux personnages du début pour en retrouver d’autres. La caméra en suit un, l’abandonne pour un autre, change encore de direction avec un troisième… et, sans crier gare, nous revoilà au point de départ. En toute logique, l’utilisation d’un seul et unique plan pour mettre en scène une histoire impliquerait la linéarité du récit, et le déroulement de celui-ci en temps réel. Mokri se libère avec habileté de cette fausse contrainte et nous offre, l’air de rien, une superbe illustration de ce que signifie concrètement le fameux ruban de Moebius. Deux heures d’un ballet à la chorégraphie élégante et fluide, et cette fois-ci nous avons perdu la maîtrise du temps. Cette vivacité continuelle n’empêche pourtant pas que des tableaux d’une harmonie parfaite surgissent au détour d’un mouvement de caméra. Fish and Cat, c’est une nouvelle belle surprise du cinéma iranien qui n’en finit pas de nous étonner.

 

 

> Voir toutes les séances du cycle « Regards sur l’Iran » à Videodrome 2

Regards sur le cinéma iranien

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

> Voir toutes les séances cinéma

 

Publicités