Les projections du mardi 24 mai au dimanche 5 juin


De vidéo et de papier… Ainsi est fait Una luz en la pared, d’Alissone Perdrix, qui vous sera présenté mardi soir par les Beaux-Arts de Marseille. Cette proposition de Jean-Baptiste Sauvage est l’occasion de découvrir une oeuvre où cinéma et impression se rencontrent, tissant le film dans un va-et-vient entre le geste filmique et celui des ouvriers. À mesure que les images se fabriquent, les machines de l’imprimerie se transforment en machine de cinéma.

La semaine sera ensuite consacrée au cycle Regards sur le cinéma iranien, en collaboration avec le Gyptis. Dans ce pays infiniment complexe, où la censure semble paradoxalement stimuler la création, le cinéma contemporain est un art majeur, poétique, profond. « La censure est à la fois une aide et un empêchement, parce qu’en se pliant à des règles strictes, on fait des conclusions plus belles, parce qu’en affrontant les contraintes, on arrive à une forme plus neuve que lorsqu’on est libre » (Abbas Kiarostami). Deux cinéastes seront à l’honneur, avec des oeuvres qui dévoilent l’intimité de la vie dans le Téhéran des Mollahs : La fête du feu, d’Asghar Farhadi, et Sang et Or de Jafar Panahi.

Dans le premier, une femme soupçonne son mari de la tromper avec la voisine, une jeune employée devient le témoin passif, puis actif, de leur crise de couple. Le soir même a lieu le nouvel an iranien. Asghar Farhadi utilise cette situation avec une grande habileté, jouant sur les faux-semblants, pour montrer un Iran aux antipodes des clichés, avec la même subtilité qui sera à l’oeuvre dans le film qui l’a plus tard consacré : Une séparation.

Sang et Or s’ouvre sur cette scène : un homme braque une bijouterie, abat son propriétaire et retourne l’arme contre lui. Quelques jours avant, le même homme, modeste livreur de pizza, traverse la ville sur sa motocyclette. De livraison en livraison, de maison en appartement, les vies qu’ils croisent sont ainsi simplement juxtaposées, dévoilées. Ainsi se saisit aussi la violence sociale : sillonner les quartiers chics, aller servir les nantis, pénétrer leur vie. Ce polar urbain, dont le scénario est l’oeuvre d’Abbas Kiarostami, nous fait apercevoir la rébellion larvée de la classe populaire iranienne. Pour cette soirée en collaboration avec Cinépage, le film sera présenté par Azita Hempartian.

Deux films inédits à Marseille viendront compléter ces regards : Modest réception, de Mani Haghighi, et Fish and cat, de Shahram Mokri. Dans le premier, un couple étrange roule dans la montagne, le coffre bourré de sacs où sont empilés des billets de banque. Au hasard de la route, ils distribuent des sacs aux gens qu’ils croisent. Aumône ou jeu pervers ? Cette comédie burlesque offre une allégorie très fine de la société iranienne d’aujourd’hui. Fish and cat quant à lui semble suivre l’affirmation de Jafar Panahi selon laquelle : « les merveilleuses possibilités du cinéma d’aujourd’hui ne laissent aucune excuse aux cinéastes sans production ». Il met cette déclaration à exécution avec un brio étonnant : grâce aux possibilités offertes par les moyens numériques, il tourne en un seul plan séquence un film qui explose les limites physiques, navigue d’une scène à une autre, d’un restaurant à une forêt, suivant ou abandonnant ses personnages, se jouant du temps … tel un ruban de Moebius.

Laissons nous transporter par ce ruban qui courbe l’espace pour entrer dans la danse, qui envahira notre écran pour la deuxième semaine de programmation. Arts du mouvement, Danse et Cinéma ne pouvaient que se rencontrer. Les cinéastes primitifs se sont d’ailleurs tout de suite intéressés à la danse. Leur alliance semble si naturelle que Dominique Païni parla même de la « fatalité chorégraphique de l’invention du cinéma ». Pour autant, dans les oeuvres qui tentent une rencontre de ces 2 médiums (sans qu’un soit subordonné à l’autre), les deux langages se superposent et se combinent, élaborant une forme spécifique « hybride » : fiction chorégraphique, « ‘étude » filmée du mouvement, portrait documentaire, etc.
Pour la soirée d’ouverture de ce cycle, nous serons guidés par ces mots : danser dehors. Adage de la Cie Ex Nihilo, que vous pourrez voir dans le court-métrage Rue des petites maries, c’est aussi le souffle vital qui traverse le portrait de Nora et les expériences sensorielles et dansées de Robin DecourcyRue des petites maries danse dans les rues de Belsunce et en invente un récit fictionnel poétique et puissant. Nora choisit de raconter une vie par la danse : revenir aux paysages de l’enfance, rejouer ainsi des épisodes clés d’une vie. Celle de la danseuse zimbabwéenne Nora Chipaumire. Profusion de sons et d’images poétiques, ce film intense, brut et pourtant précis, est l’oeuvre des réalisateurs Alla Kovgan et David Hinton dont vous aviez pu découvrir l’année dernière le magnifique All this can happen
Jeudi soir, nous emprunterons le titre de Maya Deren : A study in choreography for camera, pour une programmation suivant un cheminement scientifique. Des films dont la démarche analytique, raisonnée, soumise à des règles précises de danse et de cadrage, creusent justement l’endroit de leur rencontre. Et, y trouvent au passage une poésie abstraite ou phénoménologique des plus fascinantes. Nous irons ainsi des Chronophotographies d’Etienne-Jules Marey à One flat thing, reproduced, collaboration de Thierry de Mey et William Forsythe, en passant par Pas de deux de Norman MacLaren, et quelques autres. En avant-séance, nous aurons le plaisir d’accueillir Jan Goossens, nouveau directeur du Festival de Marseille – Danse et Arts Multiples. Il viendra nous présenter la programmation de l’édition de cette année, qui se tiendra du 24 juin au 19 juillet.
Vendredi soir, trois films très différents pour une danse amoureuse et mélancolique. Dans La complainte du progrès, Claudio Pazienza, qui n’a pas son pareil pour faire parler les objets, les fera ici danser pour nous raconter la vie d’un vieux couple. Pourvu qu’on ait l’ivresse, splendide court-métrage de Jean-Daniel Pollet, c’est un bal des années 50 où un jeune homme timide observe les jolies filles, cherche à se donner une contenance. Aucun dialogue, mais les corps et les regards disent tout de ces danseurs, de ce garçon perdu, aux allures keatoniennes.
Samedi soir, un premier rendez-vous est prévu à 19h avec la projection de La minute Cormier : film-essai de Julien Desplantez, chorégraphe de la Cie Quetem. En résidence au Canada, il découvre une étonnante maison et en fait son terrain de jeu. Mais qui dit jeu, dit règles, que Julien Desplantez nous racontera le soir-même, en mots et certainement aussi en gestes, dans la salle de projections ou ailleurs. Le second rendez-vous aura lieu à la tombée du jour, sur le toit du Corbusier, pour une double projection, en ouverture du Festival de Marseille – Danse et Arts Multiples !
Les séances jeune public se mettront au diapason de ces cycles : mercredi 25 mai, les touts-petits pourront découvrir le cinéma d’animation iranien avec le programme Portrait de famille. Et, mercredi 1er juin, quelques courts-métrages surprise autour de la danse, ainsi qu’un film malicieux :Mansouria de Josette Baïz et Luc Riolon où chaque rencontre devient une danse, une histoire, un rêve. Courant, dansant, les enfants du quartier de la Bricarde dressent une cartographie sensible et cosmopolite.
Dimanche 5 juin, enfin, Le Bus 31/32 inaugurera un cycle qui vise à interroger nos représentations liées aux addictions, de questionner la construction sociale de ce que l’on dénomme communément « drogue ». Trois films seront proposés au public, comme trois portes d’entrée dans une problématique essentielle de notre société mais difficilement appréhendable.

 

 

Mardi 24 mai à 20h30
Gestes de travail : une proposition de L’ESADMM
:: Una luz en la Pared
Alissone Perdrix – 2015, France, 29 min VOstFR
:: Sortie d’usines
Sandy Amerio – 2004, France, vidéo (boucle de plusieurs min)
> Voir le programme de la soirée

 

Mercredi 25 mai à 16h
Séance jeune public
(à partir de 2 ans)
:: Portrait de famille
Divers – 2013, Iran, 42 min
Programme de 5 courts-métrages d’animation
> Voir le programme de l’après-midi

 

Mercredi 25 mai à 20h30
Regards sur le cinéma iranien
:: Sang et or
Jafar Panahi – 2004, Iran, 1h37, VOstFR
Avec l’intervention d’Azita Hempartian (traductrice littéraire)
En collaboration avec Cinépage
> Voir le programme de la soirée 

 

Jeudi 26 mai à 20h30
Regards sur le cinéma iranien
:: Modest reception
Mani Haghighi – 2012, Iran, 1h40, VOstFR
En présence de Shadi Fathi
> Voir le programme de la soirée 

 

Vendredi 27 mai à 20h30
Regards sur le cinéma iranien
:: Fish and Cat
Shahram Mokri – 2013, Iran, 2h14, VOstFR
> Voir le programme de la soirée 

 

 

Samedi 28 mai à 20h30
Regards sur le cinéma iranien
:: La Fête du feu
Asghar Farhadi – 2007, Iran, 1h44, VOstFR
En présence de Shadi Fathi
> Voir le programme de la soirée

Mardi 31 mai à partir de 19h
Danse et cinéma #1
19h – entrée à prix libre
:: SANS
performance de Robin Decourcy, suivie de la projection de Near West
20h30
:: A study in choreography for camera
Maya Deren – 1945, Etats-Unis, 3 min – projection en 16mm
:: Rue des petites maries
Laurence Rebouillon, Cie Ex Nihilo – 2003, France, 12 min, VF
En présence d’Anne Le Batard, Cie Ex Nihilo
:: Nora
David Hinton et Alla Kovgan – 2008, Grande-Bretagne/Mozambique, 35 min, VOstFR
> Voir le programme de la soirée

 

Mercredi 1er juin à 16h
Séance jeune public : Danse et cinéma #2
(à partir de 6 ans)
:: Tout morose
José Montalvo et Dominique Hervieu – 1997, France, 4 min, VF
et autres courts-métrages surprise…
:: Mansouria
Luc Riolon / Josette Baïz – 1991, France, 33 min, VF
> Voir le programme de l’après-midi

 

Jeudi 2 juin à partir de 20h
Danse et cinéma #3
à 20h
focus sur la programmation du Festival de Marseille
présenté par Jan Goosens, directeur artistique du Festival
à 20h30
:: Chronophotographies
Etienne-Jules Marey – 1891, France, 5 min
:: Nine variations on a dance theme
Hilary Harris – 1966, Etats-Unis, 13 min
:: Pas de deux
Norman MacLaren – 1968, Canada, 13 min – projection en 16mm
:: Calico Mingling
Lucinda Childs, Babette Mangolte – 1973, Etats-Unis, 10 min
:: One flat thing, reproduced
Thierry de Mey, William Forsythe – 2006, Belgique/Etats-Unis, 26 min
> Voir le programme de la soirée

 

Vendredi 3 juin à 18h
Les rêveurs sont là : dans le cadre de Radio Là
(entrée à prix libre)
:: Les rêveurs  – 2013
Projection d’un cycle de courts métrages, création partagée en psychiatrie, guidée par Séverine Mathieu  (DIS-formes) et Emmanuel Vigier.
Programme radiophonique sur le Cours Julien les 2, 3 et 4 juin

> Voir le programme de la soirée

 

Vendredi 3 juin à 20h30
Danse et cinéma #4
:: La complainte du progrès
Alis et Claudio Pazienza – 1997, France/Belgique, 5 min
:: Pourvu qu’on ait l’ivresse
Jean-Daniel Pollet – 1958, France, 20 min
:: The cost of living
DV8 Physical Theatre – 2004, Grande-Bretagne, 35 min, VOstFR
> Voir le programme de la soirée 

 

Samedi 4 juin à 19h
Danse et cinéma #5
(entrée à prix libre)
:: La minute Cormier
Julien Desplantez – 2013, France/Canada, 1h
En présence du réalisateur
> Voir le programme de la soirée 

 

Samedi 4 juin à partir de 20h
Danse et cinéma #6 : ouverture du Festival de Marseille
:: Projection surprise sur le toit du Corbusier
> Voir le programme de la soirée

 

 

Dimanche 5 juin à 19h
Dépendances 1/3
(entrée en libre accès)
:: Drugstore Cowboy
Gus Van sant – 1989,États-Unis, 1h40, VOstFR
En collaboration avec le Bus 31/32
En parallèle du programme « Conférence Addictions / migrations »
organisée au Pharo par le Respadd et le Bus 31/32 les 7 et 8 juin.
> Voir le programme de la soirée

 

Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

> Voir tous les agendas des séances

 

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