Les Primeurs du Blog documentaire #4 :: Mercredi 18 mai et Jeudi 19 mai à 20h30


« C’est un film qui s’avance comme une fausse piste : Sherif arrive au Caire où il vient rendre visite à sa famille. Voyage d’agrément, comme on dit dans les formulaires des compagnies aériennes ? Pas seulement. Car si l’on découvre le decorum de la famille que l’expatrié retrouve avec l’émotion distante de celui qui partage sa vie entre deux cultures, c’est pour très vite en arriver au fait. La fiancée du Nil n’est pas un film d’ambiance : ou alors l’ambiance est dans la trame narrative amenée avec un air d’évidence, quasi fictionnelle tant elle s’inscrit limpide dans les enjeux des personnages. » Nicolas Bole

 

Mercredi 18 mai à 20h30
Jeudi 19 mai à 20h30
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée à prix libre
Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de la séance

 

Séance en présence du réalisateur, Edouard Mills-Affif

La fiancée du Nil
Edouard Mills-Affif – 2015, France, 1h02, VOstFR

Dans un village reculé du delta du Nil, au sein d’une famille traditionnelle égyptienne, un drame quasi antique se joue. Comme des milliers de jeunes filles à travers le monde, Heba doit épouser un homme qu’elle n’a pas choisi. L’ambiance vire peu à peu au psychodrame familial, avec ses secrets d’alcôve, ses intrigues, ses renoncements et ses mensonges.

 

Sélections festivals et prix :
Mention spécial du jury – Prix Ahmed Attia – Medimed 2015 (Sitges, Espagne)
RIDM – Rencontres internationales du documentaire de Montréal 2015
FIGRA – Festival international du grand reportage d’actualité 2016 (Le Touquet, France)
SOLE LUNA FILM FESTIVAL 2016 (Palerme, Italie)

« Heba doit se marier avec un homme qu’elle n’aime visiblement pas. Sa mère tente de l’éloigner de son premier amour, icône romantique qui rode avec son désespoir et une forme de rouerie dans les pattes de Sherif, qui s’intronise entremetteur entre l’éconduit et la future fiancée qui lui échappe. Mais difficile pour le personnage principal, sorte de complice du réalisateur en même temps qu’acteur dépassé par la tournure des événements, de s’y prendre quand on adopte une grille de lecture extérieure, qui brise les codes sociaux égyptiens. L’amour face à l’honneur, la parole donnée contre le fol espoir de relations libérées des traditions : l’opposition est connue. Mais tout n’est simple qu’en apparence : à rebours des films qui nous content des histoires pour mieux faire la morale (souvent ethno-centrée, pourfendant avec délice « archaïsmes » et autres « obscurantismes »), La Fiancée du Nil développe lentement le récit d’une société prise entre de multiples feux. Ceux du désir légitime de faire parler le coeur. Ceux de respecter autant la tradition que la valeur d’un engagement. Et ceux d’une lutte, féconde, intime, bien plus complexe qu’il n’y paraît, entre personnes des deux sexes. Il y a dans les relations entre hommes et femmes autre chose qu’une dialectique soumission/domination latente que certains se plaisent à répéter ad nauseam comme l’alpha et l’omega de la « culture arabe ». Il y a des arguties, des silences qui en disent long, des joies non feintes, aussi. Ce qu’Edouard Mills-Affif parvient à saisir, c’est cette réactualisation incessante des normes sociales, qu’il serait idiot de voir comme un bloc monolithique. Ici des fissures dans l’entente de la famille, là-bas des désirs de reconquête confiés à Sherif dans une semi-pénombre : autant d’agencements intimes qui disent que le théâtre de l’amour galant peut aussi se jouer sur une partition légère, sans être pour autant anecdotique. Car on sourit souvent avec les personnages, comme on souriait souvent avec Anna Roussillon dans Je suis le peuple : parce que le fatalisme qui enveloppe l’histoire de ce mariage arrangé n’exclut pas non plus le volontarisme et l’expression des sentiments, on se retrouve au coeur d’une mécanique où l’amour se déclame comme un enjeu social. Ce que nous avons pour une bonne part oublié, pour mieux célébrer l’universalité de l’amour, à mi-chemin entre lyrisme échevelé et grands drames passionnels. Ici, le terrain de jeu est plus petit, à l’échelle d’un quartier, et la cause amoureuse se défend, plus prosaïquement peut-être, mais aussi avec davantage de ferveur, dans le carcan du réel et des conventions. »
Nicolas Bole

 

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