Marseille filmée, formes et histoires : Chronique de la destruction du quartier Saint-Jean, histoire d’une migration des images cinématographiques : Dimanche 1er Mai à 19h


Pour Clore cette semaine consacrée à l’ébauche de ce qui pourrait être une histoire de la représentation de Marseille au cinéma nous avons le plaisir d’accueillir Katharina Bellan (avec qui nous avons construit la programmation) pour une « conférence illustrée » autour de la migration des images cinématographiques liées à la destruction du quartier Saint-Jean et dont je vous engage à lire ci-dessous les enjeux. Katharina nous proposera de larges extraits de film durant sa conférence qui se conclura par la projection d’un documentaire Les grands criminels sous l’occupation à Marseille.

 

 

Dimanche 1er mai à 19h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille


 

Katharina Bellan, cinéaste et actuellement doctorante au TELEMM.
Son travail de recherche propose de faire apparaître la complexité de la ville de Marseille, à travers un corpus de films qui y ont été tournés entre 1923 et 2010, dans une double perspective combinant l’approche socio-historique et l’approche esthétique des images cinématographiques.

 

 

 

19h :: Chronique de la destruction du quartier Saint-Jean, histoire d’une migration des images cinématographiques.
Conférence de Katharina Bellan

Cette histoire commence en 1929 alors que Laszlo Moholy-Nagy, sculpteur de lumière, artiste d’avant garde, qui vient de démissionner du Bahaus, filme Marseille, faisant entrer le port au panthéon des villes modernes. Ses images, montées dans une logique expérimentale, permettent une appréhension complexe de l’espace du quartier Saint-Jean sur la rive droite du Vieux Port. Pendant les années 1990, le film de Moholy-Nagy sera souvent remonté, transformant ses plans en album souvenir du quartier disparu. La migration des images fait ici symptôme de l’absence d’images des rues du vieux quartier. La violence de l’opération d’urbanisme qui déposséda en une nuit 20 000 habitants de leur logement et détruisit un entrelacs de ruelles centenaires où se situait le quartier des plaisirs, forme une tâche aveugle dans l’histoire de la ville et donne une aura de document aux images d’avant la destruction.

En 1957, la RKO produit un film du réalisateur argentin Hugo Fregonese, Seven Thunders traduit en français par Les sept tonnerres de Marseille. Enterré dans l’histoire du cinéma comme film secondaire, ce récit d’aventure traduit la vision de l’histoire que les anglais et les américains ont après la guerre de la collaboration des autorités françaises avec les occupants nazis. Le film raconte la destruction du quartier Saint-Jean en 1943 à Marseille, et y ajoute les crimes du docteur Petiot qui officiait pourtant à Paris. Les séquences de reconstitution de l’expulsion des habitants et du dynamitage du quartier seront réutilisées dans des émissions télévisuelles comme des images d’archive, transformant leur nature fictionnelle en statut de document. Nous verrons des extraits d’Et le vieux port fut condamné (1973) de Jean Dasque, d’Etat de piège, la filière marseillaise (1990) de Teri Wehn-Damish et encore de Mémoires de Marseille (1995) de Gérard Paroldi où l’on observe ce remploi.

Katia Bellan

 

20h :: Les grands criminels sous l’occupation à Marseille
Daniel Costelle – 1989, 53 min (série documentaire)

Le fil narratif qui consiste à lier l’expulsion des habitants et la destruction du quartier Saint-Jean aux crimes du docteur Petiot, est repris par Jacques Delarue, ancien commissaire de police, dans son ouvrage Trafics et crimes sous l’occupation (Editions Fayard 1968). Alphonse Boudard reprendra en 1989, cette trame narrative des évènements dans un numéro de l’émission télévisuelle de Daniel Costelle : Les grands criminels, intitulé Crimes sous l’occupation. Riche en archives inédites, l’émission ne reprend pas les images de Seven Thunders , mais déroule des liens entre les trafics des gangsters marseillais et ceux de la Gestapo française de la rue Loriston à Paris, la gestion mafieuse de Marseille depuis le début des années 1930 et la collaboration active des autorités françaises qui ont facilité la décision des nazis de détruire le quartier Saint-Jean. En diffusant, les témoignages d’un bandit corse ou de la maitresse de François Spirito, en montrant Sabiani appeler de ses vœux la collaboration active entre patrons et ouvriers, cette émission a un intérêt anthropologique dont nous discuterons à l’issu de la projection.
Katia Bellan


:: Les tarifs des projections cinéma

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2€ pour les séances jeune public

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Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

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