Pierre Clémenti, l’ange noir du cinéma #4 :: Dimanche 24 avril à partir de 16h


« La figure de Pierre Clémenti réalisateur est indissociable de la figure mythologique de Pierre Clémenti, de la manière dont il a irradié le cinéma français. (…) Pierre Clémenti est la mythologie la plus rock qu’ait produite la France, pas seulement le cinéma français, mais la France dans son ensemble. Le rock français n’a jamais produit l’équivalent de ce que pourrait être un Lou Reed ou un David Bowie ici. Pierre Clémenti est une sorte de Lou Reed français que le rock français n’a pas su produire. Il a fallu que ce soit le cinéma d’art et essai qui en invente l’équivalent… »
Jean-Marc Lalanne, émission « Minuit dix », France-Culture,2006

 

Dimanche 24 avril à partir de 16h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Pass week-end (valable pour un week-end) : 15 euros

 

 

 Jeanne Hoffstetter a choisi cet épitaphe pour son ami Clémenti :
« Savoir où sont ses préférences, au lieu de répondre humblement « Amen » à tout ce que l’univers entier assure que l’on doit préférer, c’est garder son âme en vie » Stevenson

 

 

:: 16h
Soleil
Pierre Clémenti – 1989, France, 16 min

Pierre Clémenti à propos de Soleil :
« Chant d’amour, chant de mort… Graffiti sur la chaux vive du Cœur… Soleil est né d’un spectacle théâtral… Il accompagna la mémoire visuelle d’un moribond qui durant trois jours de veillée funéraire revoit certains épisodes de sa vie. Après avoir joué plusieurs fois avec succès Chronique d’une mort retardée, j’ai trouvé dommage qu’une fois les représentations terminées ce film se retrouve à nouveau sans voix dans la corbeille à papier du magasin des accessoires. J’ai donc écrit un texte et demandé à mon ami John Livengood de me composer une musique, ce qui fut fait. Ce dernier film est celui que je préfère… peut-être le plus abouti… J’ai laissé ma plume au vestiaire le jour où les mots se sont envolés, le jour où les mots ont perdu leur sens. Dès lors pour certains l’image l’a remplacée. J’ai toujours aimé avec passion le montage que ce soit sur mon Frigidaire ou dans la petite salle de montage que le musée d’Art Moderne de Beaubourg avait mise à ma disposition. Quant à l’enregistrement des groupes de musique ainsi que lors du mixage, j’ai toujours eu la sensation que nous étions vraiment au cœur de la création. »

La deuxieme femme (Inédit)
Pierre Clémenti – France, 1967-78, 48 min (bobine J)

C’est en 1967, avec son cachet d’acteur pour le film « Benjamin ou les mémoires d’un puceau » de Michel Deville que Pierre Clémenti a pu acheter sa première caméra Beaulieu 16 mm. Pendant plus de 15 ans, il filma sans cesse, aussi bien sur les tournages qu’en voyage, à la maison, entre amis ou en famille. Sûrement influencé par le courant psychédélique, il entame un parcours de cinéaste dans un foisonnement de couleurs, de musiques rock, d’érotisme poétique et de références aux expériences psychotropes.

On peut bien sûr positionner son cinéma aux alentours d’une rencontre entre le journal filmé à la Jonas Mekas et une mise en poésie du monde des années 60 et 70 à la Kenneth Anger. Ce serait cependant passer à côté de ce qui fait la valeur unique de son cinéma : l’ode à la vie-cinéma. Aucun film auparavant n’a à ce point bondi d’un moment au bord de l’eau au tournage du Lit de la Vierge à des flammes superposées à des figurants dansants à un autoportrait au réveil et cela en quelques secondes. Le film n’est pas qu’un témoignage de la vie, il est la raison de la vie, sa poésie racine et sa poésie résultat.

 

:: 18h
:: Wheel of ashes
Peter Emanuel Goldman – 1969, États-Unis/France, 1h50, VostFR

Jean Luc Godard aussi a vu le premier film de Peter Emanuel Goldman et décide d’aider le cinésate à sa façon en lui obtenant une bourse pour vivre à Paris. Avec sa copine suédoise, Peter Emanuel Goldman habitera d’abord chez Agnès Varda et Jacques Demy, rencontrera Pierre Clémenti et tournera un second film, Wheel of Ashes. L’errance jusqu’au mantra, d’un homme qui ne communique plus avec rien, se perd dans son envie de cuisses gainées de bas de soie et se noie dans une démesure mystique, hindouiste, yoguiste, à la sauce américaine.
Pierre Clémenti, qui ne parle pas anglais, surnomme le film “We love haschisch”. Entre lui et Peter Emanuel Goldman, le courant passe mal, et ce dernier commence à penser que le cinéma n’est pas pour lui. Il arrêtera quasiment d’en faire, sans s’apercevoir que Wheel of Ashes ouvrait des portes que Philipppe Garrel et les Zanzibar franchiront royalement. Peter Emanuel Goldman, quand advient cet incroyable renouveau du cinéma, est déjà loin.

 

:: 21h
La fosse commune
Alain Raoust – 1990, France, 13 min
Attendre le navire
Alain Raoust – 1992, France, 1h05

Le périple, au bord d’un océan noir, d’un ange tombé du ciel, de deux clowns terroristes, d’un cinéaste filmant l’invisible, d’un reporter sans plus rien à reporter et deux rebels without a cause, à la recherche d’un navire.
Un navire pour Nulle Part, pour Utopia. Un navire en forme d’espoir.
Une nef comme l’espérance pour tous ceux qui attendent : les déroutés, les désaxés, les déplacés, les rejetés, les oubliés que nous sommes un jour ou l’autre, un peu plus tôt, un peu plus tard. Combien sommes-nous à attendre et encore combien à attendre ?

C’est à Paris VIII qu’Alain Raoust apprend le métier de cinéaste, en réalisant quelques courts-métrages expérimentaux pour la faculté, et en découvrant avec éblouissement le cinéma fort et exigeant de Robert Bresson ou Philippe Garrel. C’est vers ce type de cinéma que va s’orienter le jeune cinéphile, en occupant divers petits rôles sur les plateaux de Christian Vincent (il est stagiaire sur La Discrète) et Jean-Pierre Thorn (il est assistant réalisateur sur Je t’ai dans la peau). Il continue au début des années 90 à réaliser des courts, mais ce sont ses  moyens-métrages, âpres et engagés, et Attendre le navire en 1992 qui le font remarquer dans le monde du cinéma d’auteur.

 

> Voir toutes les séances du cycle « Pierre Clémenti, l’ange noir du cinéma » au Videdrome 2

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

> Voir toutes les séances cinéma

 

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