« En quête de cinéma » avec « Der Bomberpilot » de Werner Schroeter :: Mardi 5 avril à 20h

L’émission de radio En quête de cinéma diffusée sur Radio Galère revient avec le cinéma flamboyant de Werner Schroeter. Cinéaste et metteur en scène de théâtre et d’opéra, il fut une figure marquante du Nouveau Cinéma Allemand des années 70. « Der Bomberpilot » aborde de manière frontale une question qui a hanté les cinéastes allemands de cette génération : « que sont les Nazis devenus ? » Cette séance est organisée en partenariat avec le Goethe Institut.

Mardi 5 avril à partir de 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée en libre accès

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 30 mintues avant le début de chaque séance

 

20h
Der Bomberpilot
Werner Schroeter – RFA, 1970,  1h05, VOstFR
Dans l’Allemagne d’après-guerre, le passé, le présent et les fantasmes de trois femmes qui se produisaient dans des cabarets nazis.
Tourné en quinze jours (du 28 août au 11 septembre 1970), Der Bomberpilot est le film de la première période de Werner Schroeter qui aborde de la manière la plus frontale un sujet politique, en l’occurrence, l’histoire récente de l’Allemagne entre nazisme et américanisation forcenée après 1945.
Le cinéaste déclarait à Noël Simsolo (Zoom, n° 16, janvier-février 1973) : C’est très proche du précédent, Eika katappa, mais sans le rituel. J’avais les mêmes intentions, mais je voulais faire quelque chose de très comique avec la langue et aussi sincère avec les images. C’est un récit construit sur la logique de l’absurde, mais bien que des gens de gauche le défendent, ce n’est pas un film politique car je suis un individualiste. Je suis tellement individualiste que je ne peux même pas être anarchiste. Cependant ma position est politique car je travaille de façon rigoureuse dans ma limite sans me soucier des modes…
Schroeter considérait qu’un des meilleurs textes sur son travail était « Sade, sergent du sexe », de Michel Foucault (entretien avec G. Dupont, Cinématographe n° 16, 1976).
Foucault y dit ceci : « Il faut comprendre que les camps de concentration sont nés de l’imagination conjointe d’une infirmière d’hôpital et d’un éleveur de poulets. Hôpital plus basse-cour : voilà le fantasme qu’il y avait derrière les camps de concentration. On y a tué des millions de gens, donc je ne dis pas ça pour diminuer le blâme qu’il faut faire porter sur l’entreprise, mais justement pour la désenchanter de toutes les valeurs érotiques qu’on a voulu lui surimposer ».
Ainsi, le travail de Schroeter dont Foucault fait l’éloge, est bien de rendre médiocre, vil, et parfois cocasse, la violence nazie. De lui dénier tout « génie sadique ».
C’est à ce regard-là, porté dans une période où la question « qu’avez-vous fait pendant la guerre ? » était sensible, qu’En quête de cinéma nous convie.

 

 

:: Le partenaire de programmation
Production, influences, fabrication, outils, diffusion, économies, organisation, politique… où comment des cinéastes vivent et défendent « un » cinéma.
L’émission « En quête de cinéma » c’est une mosaïque de rencontres et de témoignages proposée par Lo Thivolle, Fabrice Coppin, Philip Cartelli et David Yon, le premier lundi tous les deux mois, 21H30-23H sur Radio Galère, 88.4 FM, Marseille.

:: Les séances précédentes proposées par En quête de cinéma au Videodrome 2
> « En quête de cinéma » avec Le voyage d’un filmeur dans sa ville : Marseille :: Mercredi 7 octobre à partir de 20h
> « En quête de cinéma » invite les réalisateurs de Babylon (Grand Prix FID 2012) :: Mardi 2 juin à 20h30
> Politiquement si simple ! Carte blanche au collectif 360° et même plus :: Mardi 7 avril à 20h

> Voir toutes les séances cinéma

 

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