Cinéma grec : nouvelle vague par temps de crise :: Mardi 29 mars à 20h

Après avoir visité l’histoire du cinéma grec en janvier et février, avec des œuvres des années 60 et du « nouveau cinéma grec », place cette semaine à la nouvelle vague de cineastes héllènes, liée par une stratégie de la débrouille face à la crise économique. Films radical, Boys eating the bird’s food d’ Ektoras Lygizos n’a été que trop peu diffusé en France. 

 

Mardi 29 février à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

 

L’héritage de la chouette :
Chris Marker – 1989, France, 26 min, VF
Dans cette mini série télé commandée à Chris Marker d’après une idée de Jean-Claude Carrière, Chris Marker décortique treize mots de racine grecque – un par épisode – pour connaître l’héritage de la Grèce antique sur le monde moderne. Des États-Unis au Japon, il a baladé sa caméra là où tout mot prend sens, il a rencontré des hellénistes, des philosophes, des logiciens, des hommes politiques, des artistes et a confronté leurs discours aux mémoires des cinémathèques.
Nous vous proposons de découvrir l’intégralité de cette série au fil des séances consacrées au cinéma grec.

 

 

Boys eating the bird’s food
Ektoras Lygizos – 2012, Grèce, 1h20, VOstFR

Nous sommes à Athènes, aujourd’hui. Un jeune homme de 22 ans sillonne la ville à la recherche d’un semblant de nourriture, qu’il partage avec son unique ami et son unique réconfort, un petit oiseau d’or. Vivant seul et sans ressources dans son appartement – qu’il est d’ailleurs sur le point de perdre -, croulant sous les factures et assailli par la faim, cet être à la dérive survit tant bien que mal dans une capitale européenne à deux vitesses.

« Considéré comme un des premiers romans modernes, La Faim, texte le plus célèbre de Knut Hamsun, est centré sur un écrivain-vagabond de Christiania (Oslo). Affamé, le personnage va de visions hallucinées en moments de frappante lucidité. En 1966, Henning Carlsen avait proposé une adaptation assez fidèle de ce texte de 1890 et, quelques décennies plus tard, c’est au tour du Grec Ektoras Lygizos de transposer à l’écran les pérégrinations de l’anonyme. Il les déplace aux rues d’Athènes et au contexte politique qu’on ne connaît que trop mal.

Filmé caméra à l’épaule, collant au corps et au visage du jeune et excellent acteur Yannis Papadopoulos (un blond, à la peau blanche et l’air fragile), le métrage orchestre une véritable chorégraphie autour des gestes quotidiens de ce jeune homme dérangé. S’il semble trop facile de réduire l’anecdote à son symbolisme politique, il est plus intéressant de l’aborder par son versant naturaliste et intimiste, par sa portée psychologique avant tout. À ce titre, le film constitue donc un bouleversant développement autour du désarroi du protagoniste.

Ce qui arrive quand on est seul au monde, la façon dont l’esprit se brouille et oscille entre une perte totale de repères et une acuité exacerbée, l’influence de la faim sur la stabilité d’un homme : tels sont en gros les sujets de La Faim, de sa première adaptation danoise, et enfin de Boy Eating the Bird’s Food. Bien que le protagoniste soit affamé et désargenté, il ne faut pas uniquement voir dans ce film grec une référence à la crise qui touche le pays : Ektoras Lygizos implante d’abord son histoire hors contexte et s’approche de la subjectivité hallucinée de son protagoniste. C’est a posteriori que le spectateur va naturellement associer cette intrigue à l’actualité – mais on peut sans doute s’en passer.

Désœuvré, le personnage partage son quotidien et ses repas avec un petit oiseau en cage qui, comme lui, ne sait que chanter. On ne sait jamais vraiment si le personnage refuse de s’alimenter ou à quel point il manque de moyens – il vole de-ci de-là quelques grains de sucres, le fond d’une poubelle, des figues. S’il n’a pas de quoi payer ses factures, son jeun se pose finalement comme un refus (il préfère notamment acheter des graines pour son oiseau), une ascèse qu’il évoque dans un délire et une des scènes les plus frappantes du film ; tout autant qu’il refuse de se plier aux jobs mécaniques qu’on lui offre. »
Marianne Fernandez pour Critikat

 

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

> Voir les séances consacrées au cinéma grec

 

> Voir toutes les séances cinéma

 

Publicités