Cinéma grec : nouvelle vague par temps de crise :: Vendredi 1er avril à 20h

Après avoir visité l’histoire du cinéma grec en janvier et février, avec des œuvres des années 60 et du « nouveau cinéma grec », place cette semaine à la nouvelle vague de cinéastes hellènes, liée par une stratégie de la débrouille face à la crise économique. Cette soirée réunira deux films splendides : le court-métrage Retour à la rue d’Eole, voyage en 16mm dans le cinéma grec des années 50, et le documentaire La pierre triste, regard archéologique et profondément poétique sur la cité d’Eleusis.

 

Vendredi 1er avril à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

L’héritage de la chouette :
Chris Marker – 1989, France, 26 min, VF
Dans cette mini série télé commandée à Chris Marker d’après une idée de Jean-Claude Carrière, Chris Marker décortique treize mots de racine grecque – un par épisode – pour connaître l’héritage de la Grèce antique sur le monde moderne. Des États-Unis au Japon, il a baladé sa caméra là où tout mot prend sens, il a rencontré des hellénistes, des philosophes, des logiciens, des hommes politiques, des artistes et a confronté leurs discours aux mémoires des cinémathèques.
Nous vous proposons de découvrir l’intégralité de cette série au fil des séances consacrées au cinéma grec.

 

Retour à la rue d’Eole
Maria Kourkouta – 2013, France/Grèce, 14 min, VOstFR« Que le monde devienne image. Ce sera là la dernière vie des hommes : être couverts d’une image. »
Fragments insignifiants, retravaillés, remontés, ralentis et mis en boucle, de films populaires grecs des années ’50 et ’60. Ces fragments sont accompagnés par des extraits très courts de poèmes d’auteurs grecs et par la musique de Manos Hadjidakis. Il s’agit d’un film de  »found footage », d’un collage audio-visuel qui évoque un voyage de retour à la Grèce contemporaine, au centre d’Athènes.

 

La pierre triste
Filippos Koutsaftis – 2000, Grèce, 1h25, VOstFR

Eleusis, petite ville industrielle située à une vingtaine de kilomètres d’Athènes, est liée depuis les temps préhistoriques à l’un des mythes les plus en vogue chez les Anciens, celui de Déméter, déesse de l’agriculture et de la fertilité, et de sa fille Koré-Perséphone. Les fameux Mystères, célébrés à Eleusis pendant près de deux millénaires, étaient liés au cycle de la vie et donnaient aux mystes, autrement dit aux initiés, l’espoir d’affronter la mort avec sérénité et béatitude. C’est ici, nous dit la légende, que l’on cultiva pour la première fois les céréales, dons de la déesse aux habitants d’Eleusis, c’est ici aussi que se sont développées les plus grandes industries de Grèce, entraînant des conséquences désastreuses pour la région et le sanctuaire.
Cela fait dix ans que Filippos Koutsaftis filme la ville comme un pèlerin, qu’il en observe les activités quotidiennes modestes et grandioses, qu’il découvre les témoignages de son visage antique encastrés dans les murs de la vie contemporaine. Né dans le Pilion près de Volos, il s’est lancé dans ce grand projet après avoir étudié le cinéma à Athènes et avoir fait ses armes en tant que directeur de la photographie sur une quinzaine de films. La Pierre triste a remporté de nombreux prix : celui du meilleur documentaire décerné par le Ministère grec de la Culture, le prix du public, le prix de l’association des critiques grecs, ainsi que celui du Cinema Magazine au 41ème Festival International du Film de Thessalonique.

« …Il est assez rare que le cinéma s’attache ainsi aux profondeurs de la terre. Assez rare qu’il s’attache avec autant de tendresse et d’opiniâtreté — douze années de tournages erratiques mais obstinés dans le site d’Éleusis — à saisir ce qui survit de mystères passés, de villes enfouies, de vies enfuies. Filippos Koutsaftis a pensé le cinéma comme un art des survivances, une archéologie au sens plein du terme. Mais l’archéologie est un champ de batailles, et pas seulement de fouilles. Le cinéaste a bien vu que les choses survivantes se faisaient la guerre à chaque moment : choses survivantes pour tuer la mémoire (les usines pétrochimiques, l’asphalte par-dessus la Voie sacrée), contre lesquelles des êtres survivants luttent pour redonner naissance à quelque chose, comme chez cet homme qui erre parmi les pierres et en prend soin comme d’enfants blessés. Tout cela guidé par un phrasé d’images si simples et de mots si profonds qui font de ce film un seul et grand poème’’ –
Georges Didi-Huberman, octobre 2013

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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