Du carnaval au vertige grotesque : sélection thématique au vidéoclub

« Thérèse, cette grotesquerie est grotesque ! »
Pierre Mortez (Thierry Lhermitte) dans Le père Noël est une ordure

Lors d’un spectacle de pantomime joué par une troupe anglaise de passage à Paris, Baudelaire ressent un choc esthétique, un vertige dévastateur et libérateur, qui semble produit par une force comique inconnue, tout à fait singulière. Le poète tentera de l’identifier sous le nom de « comique absolu » ou « grotesque » : notion aux contours fuyants, se jouant des frontières, oscillant entre le comique et l’inquiétant.

D’autres penseurs après Baudelaire feront apparaître à quel point le grotesque peut être marqué par l’angoisse, l’étrangeté, le bizarre ou le fantastique.
Mais le grotesque, c’est aussi bien sûr le carnavalesque : une pulsion festive et régénératrice, euphorique et dynamique. Dans cette fête à l’envers, le pouvoir est renversé, les rôles sont inversés. D’apparence plus légère, ce grotesque grimaçant ou masqué peut devenir un formidable instrument de subversion.
Du carnaval d’Orfeu negro, solaire et fatal, au carnaval opulent du Casanova de Fellini, en passant par celui, désabusé, de Miguel Gomes dans La gueule que tu mérites.
Des mondes à l’envers d’Emir Kusturica aux personnages burlesques et satiriques de Toto qui vécut deux fois.
De l’envers (ou l’enfer) dyonnisiaque de Freaks de Tod Browning aux images terrifiantes et grotesques d’Inland Empire, loin du glamour habituel de David Lynch.
De la comédie noire La valse des pantins, avec un De Niro en comique ayant l’art de mettre mal à l’aise, à la cruauté du monde d’Hollywood, à travers le portrait d’une star déchue, dans Boulevard du crépuscule, de Billy Wilder...
Une sélection de films pour être saisis de rires jaunes et grinçants, des délices carnavalesques au vertiges grotesques.

 

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:: Du carnaval au vertige grotesque

Orfeu negro – Marcel Camus
La gueule que tu mérites – Miguel Gomes
Casanova – Federico Fellini
Satyricon – Federico Fellini
Freaks – Tod Browning
Toto qui vécut deux fois – Daniele Cipri et Franco Maresco
Le roman de Renart – Ladislas Starewitch
It’s all true – Orson Welles
Underground – Emir Kusturica
La vie est un miracle – Emir Kusturica
Inland empire – David Lynch
Les nains aussi ont commencé petits – Werner Herzog
Le rôti de Satan – Rainer W. Fassbinder
À propos de Nice – Jean Vigo
Boulevard du crépuscule – Billy Wilder
Qu’est-il arrivé à Baby Jane – Robert Aldrich
La valse des pantins – Martin Scorsese
Marquis – Henri Xhonneux
Les Monty Python
We are four lions – Chris Morris
Bad taste – Peter Jackson
Canine – Yorgos Lanthimos

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