France Tour Détour deux enfants, Biennale des écritures du réel :: Dimanche 20 mars à partir de 14h

Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville réalisent et coproduisent pour la télévision publique française (Antenne 2) en 1979 une série de douze épisodes (mouvements) de 25 minutes environ chacun, France tour détour deux enfants.
Il s’agit d’une oeuvre impressionnante, très peu diffusée dans son format intégral. Cette projection s’inscrit dans un partenariat avec le Théâtre de la Cité, espace de récits communs, dans le cadre de la troisième Biennale des écritures du réel.

 

Dimanche 20 mars à partir de 14h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

Tarifs pour une séance :
5€ sans adhésion
4€ avec adhésion.

Pass pour l’intégrale (trois séances) :
8€ sans adhésion, 7€ avec adhésion
Le pass sera en prévente au Videodrome 2 à partir du mardi 14 mars.

 

France tour détour deux enfants se divise donc en 12 épisodes (mouvements).

Dimanche 20 mars à 14h
France tour détour deux enfants, Mouvements 1 à 4
Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville – 1979, France, environ 1h50

Dimanche 20 mars à 16h30
France tour détour deux enfants, Mouvements 5 à 8
Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville – 1979, France, environ 1h50

Dimanche 20 mars à 19h
France tour détour deux enfants, Mouvements 9 à 12
Jean-Luc Godard et Anne-Marie Miéville – 1979, France, environ 1h50Le prétexte à la réalisation de cette série était le centenaire de la publication du manuel de lecture scolaire « Le Tour de France par deux enfants » de G. Bruno, manuel qui fit les belles heures de l’école patriotique de la fin du XIXème siècle. L’auteur de ce manuel n’était pas Giordano Bruno, mais osa utiliser le nom du supplicié du Campo de’ Fiori comme pseudonyme.

Onze mouvements portent un titre en forme de dyade (Obscur/Chimie ; Lumière/Physique…), le troisième allie trois termes (Connu/Géométrie/Géographie).

Il y a Robert Linard (Godard), le journaliste reporter, Albert et Betty, les présentateurs de la télévision. Mais surtout deux enfants, d’une dizaine d’années (Camille et Arnaud). Onze mouvements explorent un moment de dialogue entre Robert Linard et l’un des enfants, dans des situations diverses (avant de se coucher, avant d’aller à l’école, à l’école…). Dans le onzième (Réalité/Logique), Robert Linard n’intervient pas.

Le format de l’image est carré, le tournage a été fait en vidéo.
La vidéo, l’utiliser comme quelqu’un de cinéma et utiliser le cinéma comme quelqu’un de télévision, c’est faire une télévision qui n’existe pas, un cinéma qui n’existe plus.
(Jean-Luc Godard, propos recueillis pas Claire Devarrieux, Le Monde, 30 mars 1980).

Il est peu fréquent de dialoguer avec un enfant. Éduquer, raconter, jouer, discuter, cela est fréquent, même au cinéma. Mais dialoguer… S’il existe un continent jeunesse, il s’agit alors d’un espace (d’un temps, peut-être) dont on peut établir une carte, dont on peut faire géographie, démographie, épidémiologie, ethnologie… Un espace (ou un temps) dont on pourrait nommer les habitants. C’est très précisément ce que Godard ne fait pas. Camille et Arnaud ne sont pas nommés. Ils sont présentés à notre vue. Pas gardés à vue, présentés. Et beaucoup par le langage. L’adulte explore sa propre langue avec eux, langue du « ou bien, ou bien », de la pensée critique. Camille et Arnaud explorent leur propre langue, singulière. Celle de Camille est faite de « je ne sais pas », celle d’Arnaud de « un peu des deux ». Les protagonistes du dialogue évoluent ainsi, séparés mais ensemble, et ce qui est donné à penser, pour le spectateur, c’est le possible lien, la communication entre ces êtres.

Le cinéma ne devrait rien communiquer, au sens où quand il le fait, il devient instance de publication de communiqués, il devient ministère de l’intérieur. Mais il peut donner à voir comment des êtres communiquent, quels rapports existent entre eux.

Peut-on imaginer un cinéma qui aurait un rapport avec les gens (il n’est même plus actuel de poser cette question pour la télévision) ?

« Cinéma » est un terme complexe : il désigne une pratique, une économie, et aussi un lieu où des inconnus assis dans le noir regardent ensemble dans la même direction. Un cinéma qui soit un lieu qui aurait un rapport avec les gens est très précisément ce que nous, à plusieurs, à quelques-uns, avons cherché et cherchons toujours à faire au Videodrome 2.

Nous avons diffusé Adieu au langage, de Godard, 2014. Un plan de campagne, deux enfants (un garçon et une fille) s’éloignent en marchant. Une voix d’homme : «  Il faudra des enfants ». Une voix de femme répond : « Pas sûr ».

France tour détour deux enfants. Intégrale de la série télévisée. Selon Anne-Marie Miéville, le vrai titre de la série est : Un mouvement de 260 millions de centimes – budget de la série – vers un petit garçon et une petite fille. Le mot « vérité » est souvent écrit sur l’écran, associé à la parole de Camille et d’Arnaud. La vérité qui sort de la bouche de ces enfants doit bien passer, d’une façon ou d’une autre, à certains moments, durant ces 5 heures de film. « Réel » et « vérité » doivent avoir une relation. Écriture du réel.

 


:: Le partenaire de programmation

Le Théâtre La Cité s’affirme comme un lieu actif, créateur, en lien avec la société dans laquelle il s’invente, en interaction avec elle. Non pas un théâtre de programmation, mais une fabrique, où s’expérimentent d’autres relations entre amateurs et professionnels, entre scène et salle.

Le Théâtre de la Cité organise en 2016 la troisième Biennale des écritures du réel.
« Nous voulons des scènes ouvertes au flux de la vie, nous y voulons d’autres joueurs et d’autres règles, et aller voir du côté du cinéma, de la littérature, de la musique… Cette nouvelle édition de la Biennale des écritures du réel s’est inventée dans cet élan.Aux côtés des différentes créations nées dans notre fabrique et que vous pourrez découvrir, nous avons invité de nombreux artistes à venir montrer et partager avec vous ce qu’ils cherchent et créent. En mots, en corps, en musiques, en images, en sons, en silences, quelque chose du réel, de réel, s’écrit. La programmation que vous allez découvrir, nous l’avons construite en collaboration avec les différents partenaires de la Biennale : théâtres, cinémas, musée, librairie, associations citoyennes, établissements scolaires. Plus qu’un festival, ce sont des traversées que nous vous proposons de vivre au gré de vos envies et de votre temps. Merci à tous ceux qui contribuent à faire de cette biennale ce moment fédérateur qui fait dialoguer créations artistiques et enjeux de société, artistes, chercheurs et public. »

— l’équipe du Théâtre La Cité

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

> Voir toutes les séances cinéma

 

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