Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré :: Vendredi 11 mars à 20h

Février à Francfort. Pendant dix jours, Alexander Kluge – peut-être le plus grand réalisateur allemande vivant – et Edgar Reitz ont parcouru la ville avec leur caméra. Manifestations, maisons occupées, parades du carnaval, vifs débats au congrès du parti social-démocrate, avec une intrigue : l’histoire de Inge Maier qui séduit les hommes pour les voler et de Rita Müller-Eisert, une espionne.
Ici, le carnaval remplit on ne peut mieux sa vocation transgressive et contestataire.

 

Vendredi 11 mars à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Dans le danger et la plus grande détresse, le juste milieu apporte la mort
Alexander Kluge – 1974, Allemagne, 1h30

« Inge Meier eut, à plusieurs reprises, l’impression de s’être trompée de film. »

Une quinzaine de février 1973 à Francfort. C’est au moment du carnaval, mais c’est aussi le moment où des maisons squattées de la Schumannstraße, à l’angle de la Bockenheimer Landstraße sont évacuées par la force.

Deux femmes sillonnent la ville. La première s’est fait une spécialité de voler les hommes avec lesquels elle couche (« Comme on ne peut, en un sens, jamais combler les hommes, je leur prends leur portefeuille »). La seconde, Rita Müller-Eisert, est une éclaireuse de la RDA (« Je ne m’intéresse pas aux secrets d’État, mais à la réalité sociale. »)

 » Le titre du film provient d’un graffiti que nous avons trouvé dans la cave de l’un des immeubles squattés. Il correspond à ma conviction politique. Le tango qui, à la fin, accompagne la fuite de la voleuse, est l’œuvre d’un groupe espagnol, contraint à s’exiler vers la France après la guerre civile. Le matériau employé pour ce morceau est constitué des douze premières notes de l’Internationale. Le film est le fruit d’une coopération avec Edgar Reitz. » Alexander Kluge

« Qu’est-ce donc qui autorise des millions de cochons à faire tout simplement ce qu’ils veulent, tandis qu’on nous interdit tout? »

 

:: À propos du réalisateur

Alexander Kluge a, depuis les années 1960, donné une impulsion décisive au cinéma, à la télévision et à la littérature.
Après avoir été l’assistant de Fritz Lang, rencontré par l’intermédiaire d’Adorno, il initie le manifeste d’Oberhausen et son célèbre slogan « Le cinéma de papa est mort». Ses films Abschied von gestern – (Anita G.) en 1966, et Les Artistes sous les chapiteaux : perplexes en 1968, marquent un renouveau du cinéma allemand, particulièrement influencé par la Nouvelle Vague.

L’œuvre de Kluge offre, selon l’écrivain W. G. Sebald, « la description détaillée de l’organisation sociale du malheur ». Avec son principe de « montage-collage », ses films deviennent des chantiers, dans lesquels l’activité du spectateur est stimulée.

Il privilégie alors une forme documentaire fragmentaire et s’inscrit dans des débats d’actualité, comme dans Guerre et Paix, film collectif sur la crise des missiles. La création de son entreprise de production, en 1985, lui permet de poursuivre sa critique sociale par des reportages ou des magazines.
Alexander Kluge, aussi célèbre en Allemagne que Werner Herzog ou Wim Wenders, demeure injustement méconnu en France. En juin, avec la complicité de Francis Lecomte, vous aviez pu voir Ferdinand le radical, un autre grand film de ce réalisateur à découvrir.

> Voir les séances du cycle « Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré »

 

:: Le Goethe-Institut :
Plus importante institution culturelle de la République Fédérale d’Allemagne, le Goethe-Institut a pour mission de promouvoir l’étude de l’allemand à l’étranger et d’accompagner la coopération culturelle internationale. Il encourage aussi la découverte de l’Allemagne en informant sur la vie culturelle, sociale et politique du pays. Le Goethe-Institut a ouvert un établissement à Marseille à l’occasion de Marseille-Provence 2013, Capitale européenne de la culture qui poursuit depuis ses activités culturelles tout au long de l’année. Depuis 2014, il s’est installé à la Friche la Belle de Mai.

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

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