Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré :: Samedi 12 mars à 20h


En guise de préparatifs au carnaval, qui aura lieu ce dimanche 13 mars, nous vous avons concocté une semaine de films carnavalesques. Piochés de l’Allemagne au Brésil, ils explorent les folies de ce monde à l’envers, qui célèbre la fin de l’hiver, transgresse l’ordre établi, ou fait revenir les morts (L’étymologie du mot masque a trait au filet dans lequel on enveloppait les morts). Samedi 12 mars, le carnaval est un jeu sérieux conviant à un supplément d’être, l’occasion d’un mouvement libératoire permis par le port du masque dans À propos de Nice de Jean Vigo et Karnaval de Thomas Vincent.


Samedi 12 mars
à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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À propos de Nice
Jean Vigo – 1930, France, 25 min
projection en 16mm

Jean Vigo était un homme débordant de rage, de vie, d’énergie et d’humour. Emporté trop jeune, il aura eu le temps de quatre films, dont À propos de Nice. En 1930, Jean Vigo rencontre Boris Kaufman, frère du cinéaste et théoricien soviétique Dziga Vertov. À deux, ils créent À Propos de Nice, partant d’une réflexion sur la ville. Le film demeure inclassable, oscillant entre le film expérimental, le poème, la critique sociale acerbe, le reportage. Il fit grincer des dents une bourgeoisie indolente et oisive mise en contraste avec une populace réduite à la pauvreté mais joyeuse, inventive, résolument vivante et dansante dans la crasse. À l’origine, le film est muet. Grâce à Luce Vigo et Marc Perrone, les images avant-gardistes, charnelles, d’une modernité inédite, frémissent sous les compositions de Maurice Jaubert (Hôtel du nord) qui aura été le musicien attitré de Jean Vigo. A l’époque, certains crient au scandale, d’autres au génie.

 

Karnaval
Thomas Vincent – 1999, France, 1h28

Le Carnaval de Dunkerque bat son plein. Après une violente dispute avec son père, Larbi décde de quitter le garage familial et d’aller à Marseille. Alors qu’il passe la nuit sous le porche d’un immeuble, Larbi est reveillé par un jeune couple éméché, Béa et Christian. Mais le jeune homme tombe sous le charme de Béa et décide de rester quelques jours de plus afin de séduire Béa.

« Le contexte du carnaval est comme un prisme qui magnifie les relations à l’intérieur du trio des personnages principaux. C’est un contexte passionnant : le travestissement des corps démasque les âmes. »
Thomas Vincent

« En plongeant une classique histoire de trio amoureux dans un contexte social difficile, Thomas Vincent réussit un premier film fort et subtil : Karnaval ne tombe jamais dans les clichés, le misérabilisme ou la dénonciation facile, par la grâce d’un regard attentif et patient.

Tiens, encore un bon film français, encore un excellent premier film. De son réalisateur, Thomas Vincent, on ne sait pas grand-chose, sinon qu’il est le fils de parents célèbres (le metteur en scène de théâtre Jean-Pierre et la comédienne Hélène) et qu’il a réalisé auparavant deux courts métrages. Mais on pourrait tout aussi bien ne rien savoir du tout et apprécier à sa juste valeur le talent émergeant de Thomas Vincent, talent ne devant rien à un quelconque piston et certainement pas réductible à une seule affaire d’hérédité.

Karnaval se passe à Dunkerque et raconte l’histoire d’un jeune garagiste, Larbi, qui, suite à une dispute avec son père, décide de tout plaquer pour aller refaire sa vie à Marseille. En traînant une dernière nuit dans les rues de Dunkerque, il rencontre Christian et Béa, couple de prolos qui rentrent du bal complètement soûls. Larbi tombe amoureux de Béa… La trame dramaturgique de Karnaval est archétypale, c’est celle d’innombrables contes, romans et films, c’est a priori la même que celle de Titanic : un prince charmant (le séduisant Larbi) va conquérir sa dulcinée (Béa, à la fois femme forte et femme-enfant), l’arracher à un mariage foireux et à une existence grise (Christian, le mari, est un connard pochetron et raciste). Sauf que le film va s’atteler patiemment à déjouer toutes ces attentes et à retourner les clichés redoutés.

La grande réussite de Karnaval est l’articulation parfaite entre sa part documentaire et sa part fictionnelle. Car avec ses masques, son jeu sur les identités, sa règle tacite libératoire qui consiste à briser provisoirement les règles et les inhibitions sociales, le carnaval devient le grand miroir symbolique de ce qui se joue entre Larbi, Béa, Christian et ses copains. Pendant quelques jours, les Dunkerquois se maquillent et se déguisent, tentent d’échapper à eux-mêmes (ou d’être enfin eux-mêmes) dans un grand rituel social qui soude la communauté et dévoile les moi profonds.  »
Serge Laganski pour LesInrocks

 

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:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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