Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré :: Mercredi 9 mars à 20h

En guise de préparatifs au carnaval, qui aura lieu ce dimanche, nous vous avons concocté une semaine de films carnavalesques. Piochés de l’Allemagne au Brésil, ils explorent les folies de ce monde à l’envers, qui célèbre la fin de l’hiver, transgresse l’ordre établi, ou fait revenir les morts. Pour ouvrir cette semaine, le mythique Orfeu Negro de Marcel Camus, transpose l’histoire d’Orphée au coeur du carnaval de Rio.

 

Mercredi 9 mars à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Orfeu negro
Marcel Camus – 1959, France/Brésil, 1 h 47

A la veille du carnaval de Rio, Eurydice arrive de la campagne pour y retrouver sa cousine Sérafina. Orphée est conducteur de tramway et artiste adulé par le peuple pour ses qualités de danseur et de guitariste. Tous deux sont issus de la communauté noire brésilienne. Ils se rencontrent à Rio la veille du carnaval. Pour éviter la jalousie de Mira, la fiancée d’Orfeo, Serafina prête son déguisement à Eurydice. Ils vont s’aimer au milieu des festivités d’une ville en liesse. Mais le lendemain, elle est démasquée.

 

:: À propos du film
« Je me trouvais alors à Niteroi, dans la maison de mon cousin. Et, un jour, à l’aube, alors que j’étais en train de penser à une histoire de la mythologie grecque, le mythe d’Orphée, j’ai commencé à entendre d’un morne voisin, o morro do Galvào, une batucada ». C’est ainsi que le compositeur et poète Vinicius de Moras eut l’idée de transposer les amours d’Orphée et d’Eurydice dans les favelas. Il écrit une pièce de théâtre en 1942, qui ne fut pas montée avant des années, mais que Marcel Camus entreprit très tôt d’adapter pour le cinéma. En transposant le mythe d’Orphée au cœur du carnaval brésilien, il lui offre une version exotique et solaire, portée par la musique, la danse et la population locale.

Dans le mythe grec, Eurydice meurt par la morsure d’un serpent. Prisonnière du royaume des morts, Orphée descend aux Enfers pour tenter de la ramener avec lui, mais à condition qu’il ne se retourne pas pour la regarder. N’ayant pas pu résister, Orphée perd à jamais Eurydice. Dans la version de Marcel Camus, Eurydice, jeune fille timide et innocente, tente de fuir la mort et trouve refuge chez sa cousine Serafina à Rio de Janeiro. Orphée est un grand séducteur, idolâtré par tout le village, notamment deux petits garçons, qui voient en lui une sorte de dieu, capable de faire lever le soleil par son chant. Eurydice se laisse charmer par la musique d’Orphée, et va alors naître une histoire d’amour entre les deux héros, voués dès le départ à un destin tragique. Parmi les personnages du carnaval, la mort avance masquée…

L’Orfeu Negro reçut la Palme d’Or au festival de Cannes en 1959, et suscita l’enthousiasme quasi-unanime de la critique européenne, bien qu’il fut présenté en portugais sans aucun sous-titrage ! Le choix d’acteurs noirs inconnus du grand public était une nouveauté, considérée comme un choix courageux par une intelligentsia anticolonialiste. L’exotisme de la baie de Rio de Janeiro et du carnaval de cette même ville, les mélodies et rythmes brésiliens, les images sensuelles enchantèrent le public.
Le film marqua les esprits, en France, en Europe et aux États-Unis et révéla dans le monde entier un style musical, la bossa nova (terminologie encore inconnue en dehors du Brésil).

Les chansons du film (parmi lesquelles figurent notamment A felicidade et Manhã de Carnaval), ont été pour la plupart composées par Antônio Carlos Jobim, Vinícius de Moraes et Luiz Bonfá, et sont devenues des standards de la bossa nova et du jazz. Le travail musical entrepris pour le film fut gigantesque (les enregistrements ont duré plus de 4 mois), réunissant les trois artistes déjà cités, mais aussi Roberto Menescal pour les airs de bossa nova, et Agostinho dos Santos et Elizeth Cardoso pour les airs de samba plus traditionnels. Marcel Camus se fit aussi aider par Cartola pour bénéficier des meilleures écoles de samba de l’époque pour les marches carnavalesques. Et les chants traditionnels afro-brésiliens qui accompagnent la descente aux enfers d’Orfeo ont été enregistrées in situ dans un lieu de culte de la macumba. L’ensemble, onze heures de musique, fut synchronisé au printemps 1959 par Carlos Jobim.

 

 

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:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

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