Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré :: Jeudi 10 mars à 20h


En guise de préparatifs au carnaval, qui aura lieu ce dimanche 13 mars, nous vous avons concocté une semaine de films carnavalesques. Piochés de l’Allemagne au Brésil, ils explorent les folies de ce monde à l’envers, qui célèbre la fin de l’hiver, transgresse l’ordre établi, ou fait revenir les morts (L’étymologie du mot masque a trait au filet dans lequel on enveloppait les morts).  Le carnaval renvoie inexorablement au cinéma de Federico Fellini qui en décline les motifs. Nous vous proposons pour l’occasion de découvrir ou redécouvrir I Vitteloni.

Le carnaval peut être vu comme un mode d’expression collective qui illustre une perspective populaire du monde. Travestissements et masques convient le possible renouvellement du corps social. Se déguiser permet encore de tuer l’ancien corps et d’en régénérer un nouveau. Les invisibles se rendent visibles par les masques. Telle est alors la fonction du masque : ainsi ne cache-t-il moins qu’ il ne fait percevoir l’imperceptible, ce qui ne saurait être habituellement perçu : en creux, l’âme.

 

Jeudi 10 mars à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Séance en présence de Jeanne Baumberger, historienne du cinéma et coprésidente de Cinépage

 

I Vitelloni
Federico Fellini – 1953, Italie, 1h48, VOstFR

Cinq adolescents attardés, déjà âgés d’une trentaine d’années, vivotent aux crochets de leurs parents dans une petite ville italienne du littoral romagnol animée par un carnaval. Ils n’ont pas commencé à travailler, n’en ont pas l’intention et ne savent comment donner à leur existence du rêve, de l’aventure voire de l’amour. Tous de profils différents (un tombeur, un ténébreux, un apprenti-écrivain, un ténor de bord de plage, un cynique), ils se rassemblent en bande mais la médiocrité, la frustration, la solitude de leurs conditions et situations ne parviennent pas à disparaître malgré leurs  tentatives illusoires et désespérées d’échapper au quotidien ensemble, et devant le désespoir de leurs parents respectifs. Seule la fuite de leur ville leur permettrait de s’échapper du nid familial petit-bourgeois mais ils ne s’y résolvent pas et parcourent la ville et la nuit, désœuvrés.

Federico Fellini a cultivé le mélange des genres, notamment autour d’une opposition fondamentale : le discours de l’art haut et celui de l’art bas, le beau et le grotesque s’entrelacent et glissent en permanence de l’un à l’autre pour mieux servir la visée politique de son cinéma. Les motifs du carnaval (le clown, le travesti, le festin, l’artifice,le masque-larva, l’androgyne, le fou…) ponctuent ses œuvres pour mieux servir sa réflexion sur les places et les rouages du pouvoir, l’art, la mort, l’amour.

« Comme François Rabelais, Federico Fellini met en oeuvre avec chaque film un texte qui appartient, d’abord, à une culture carnavalesque, qui s’oppose aux formes graves de civilisation, c’est-à-dire aux conventions sociales et artistiques qui représentent les aspects « élitaires » et officielle d’une culture donnée »

> Voir les séances du cycle « Caramantran a brûlé, l’hiver est enterré »

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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