Le nouveau cinéma grec :: Mardi 9 février à 20h

En introduction à cette semaine consacrée au Nouveau Cinéma Grec, nous revenons sur deux œuvres des années 60, que nous n’avions pas pu vous montrer en janvier, et qui donnent à voir et à comprendre un évènement politique majeur dans l’histoire de la Grèce : l’assassinat politique du député Grigóris Lambrákis. Il fit l’objet d’un court-métrage documentaire essentiel en Grèce mais méconnu à l’étranger : 100 heures en mai de Dimos Theos et Fotos Lambrinos, et inspira, quelques années plus tard, le célèbre Z de Costa-Gavras. Nous vous proposons de découvrir les 2 films lors de cette séance.

 

Mardi 9 février à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée en libre accès

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

L’héritage de la chouette : épisode 6 : Mathématique ou l’empire des signes
Chris Marker – 1989, France, 26 min, VF
Dans cette mini série télé commandée à Chris Marker d’après une idée de Jean-Claude Carrière, Chris Marker décortique treize mots de racine grecque – un par épisode – pour connaître l’héritage de la Grèce antique sur le monde moderne. Des États-Unis au Japon, il a baladé sa caméra là où tout mot prend sens, il a rencontré des hellénistes, des philosophes, des logiciens, des hommes politiques, des artistes et a confronté leurs discours aux mémoires des cinémathèques.
Nous vous proposons de découvrir l’intégralité de cette série au fil des séances consacrées au cinéma grec.

:: Épisode 6 : Mathématique ou l’empire des signes
Richard Bennet s’extasie devant le génie de Pythagore et note la différence entre les nombres des commerçants, les nombres scientifiques et les nombres divins. Il rappelle l’importance de la géométrie à cette époque, conçue comme une sorte d’utopie, un « espace universel de paix ». Michel Serres plonge dans l’histoire des algorithmes : invention remontant à l’époque des Egyptiens et des Babyloniens, reprise par les Grecs, et qui sert aujourd’hui de base à l’intelligence artificielle…

 

Cent heures en mai
Dimos Theos et Fotos Lambrinos – 1964, Grèce, 17min, VOstFR

Les dernières heures de Grigóris Lambrákis, député pacifiste, avant son assassinat, entrelacées à une étude des origines sociales des groupes d’extrême droite et de leurs relations avec certains organes gouvernementaux.

 

:: À propos des réalisateurs

Fotos Lambrinos est un maître du cinéma documentaire grec, et notamment des films d’archives, procédé qu’il avait découvert pendant ses études au VGIK de Moscou, sous la direction de Mikhaïl Romm et qu’il explorera tout au long de sa carrière. Lors de notre cycle dédié au cinéma grec des années 60, en janvier dernier, nous avons consacré une soirée à ce cinéaste avec deux courts-métrages : Visitez la Grèce et Le banquet d’anniversaire.

Dimos Theos est diplômé de l’école de cinéma de Stavrakos, et a commencé sa carrière comme assistant réalisateur et producteur, tout en s’investissant dans le théâtre. Ayant grandi pendant la Guerre Civile grecque, ses films sont marqués par la mort et par une forme d’unité de temps entre le passé et le présent. Cent heures en mai est son premier film. Il a ensuite réalisé quatre longs-métrages, tous distingués dans des festivals internationaux. Le plus célèbre d’entre eux, Kierion, a été tourné en 1967 pendant la dictature des colonels et ne put sortir en Grèce qu’en 1974. Le film s’inspire de  l’assassinat de George Polk, journaliste américain qui enquêtait sur les agissements d’un cartel de pétrole en Grèce.

 

Z
Costa-Gavras – 1967, Grèce/France, 2h07, VOstFR

Dans les années 1960, dans un pays du bassin méditerranéen, un député progressiste est assassiné. Le juge d’instruction chargé de l’enquête met en évidence le rôle du gouvernement, notamment de l’armée et de la police dans cet assassinat.

 

:: À propos du film

Au tout début du film on peut lire : « Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n’est pas le fait du hasard. Elle est volontaire ».
Adaptation du roman de Vassilis Vassilikos relatant l’assassinat du député grec Grigóris Lambrákis en 1963 à Thessalonique, Z est un réquisitoire contre la dictature des colonels instaurée en Grèce le 21 avril 1967. Le film analyse notamment le passage de la démocratie au fascisme, au travers des rapports entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.
À travers les figures du député opposant au régime en place (incarné par Yves Montand) et du juge d’instruction (Jean-Louis Trintignant) enquêtant sur l’affaire, le film est un symbole de la déstabilisation que l’on peut faire subir à un ordre établi mais contesté.

C’est le premier volet de la trilogie politique de Costa-Gavras, avant L’Aveu (1970) et État de siège (1973). En pleine dictature des colonels, il fut impossible de tourner le film en Grèce. Costa-Gavras choisit donc de tourner à Alger, dont l’architecture ressemble à Athènes. Après la découverte du livre de Vassilis Vassilikos, Costa-Gavras obtint une avance de la United Artists pour l’écriture d’un scénario, en collaboration avec Jorge Semprún. La United Artists se retira à la lecture du scénario, la jugeant trop « politique ». La production dû donc trouver d’autres moyens, et les 2 acteurs principaux acceptèrent de jouer pour des cachets minimes. Le compositeur de la musique, Mikis Theodorakis, alors emprisonné par le régime des colonels grecs, était parvenu à faire passer un mot au réalisateur : « Prends ce que tu veux dans mon œuvre ».

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