La maison, le monde – Communautés im-probables : Carte blanche à Olivier Puech :: Samedi 6 février à 20h

Avant dernière projection de la carte blanche d’Olivier Puech, Bug est considéré par beaucoup comme le film de la renaissance pour Friedkin. On y retrouve sa radicalité, son absolutisme. Une vision du monde aussi noire qu’elle est sauvage.

 

:: À propos du cycle « La maison, le monde – Communautés im-probables »

« Ces films nous parlent d’individus d’horizons différents qui se réunissent pour créer ensemble une cellule intime, en réaction à leur expérience du monde. Un faire ensemble que rien ne laissait prévoir et qui ira jusqu’au bout, jusqu’à la résolution de la problématique qui les a fédérés. Le motif de la maison, de l’enfance mais aussi de l’échappée y sont récurrents car à l’extérieur les forces à l’œuvre sont oppressantes incontrôlables et annihilantes. Il s’agit de reconquérir quelque chose de perdu sans regarder en arrière et d’ouvrir sur un ailleurs…Utopie ou nihilisme, destruction ou reconstruction qu’importe, l’essentiel c’est la traversée, la façon dont le spectateur interprétera les actes des protagonistes, le sens qu’il donnera à leur entreprise. » Olivier Puech

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Samedi 6 février à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Bug
William Friedkin – 2007, États-Unis/Allemagne, 1h42, VOstFR
Serveuse solitaire au passé tragique, Agnes loge dans un vieux motel au milieu du désert et vit dans la peur de son ex-mari violent, Jerry. Elle fait la connaissance de Peter, un homme calme, gentil et mystérieux, qui semble traqué.
Bug peut être vu comme une étrange histoire d’amour, une vision du couple et de l’humanité pleine de vérité et de clairvoyance, une danse macabre, une étude de la paranoïa et de la relation amoureuse comme maladie contagieuse. A l’origine Bug est une pièce de théâtre de Tracy Letts dont toute l’œuvre parle de la violence du fort contre le faible, de l’oppression commise par les religions officielles. William Friedkin ne l’adapte pas, il la filme à l’identique avec les interprètes originaux et la jubilation d’un cinéaste en pleine forme, qui démontre que son film de chambre est une explosive leçon lancée à la figure d’Hollywood. Friedkin aime jouer avec le spectateur, il n’est pas du genre à le laisser tranquillement contempler l’écran, prenant toujours le risque d’aller trop loin et de le bousculer, voire de le désorienter : “Je pense qu’un cinéaste devrait au moins essayer d’émouvoir les spectateurs, plutôt que de lui donner une satisfaction immédiate”. Il sait parfaitement entremêler hyperréalisme cru et fantasmagorie surnaturelle.

Mais Bug et aussi un film sauvage. Dès la première scène, où la caméra descend du ciel vers les petites lumières du motel dans le désert (l’œil de Dieu, du Diable ?), le spectateur sent qu’une menace rôde sans être identifiable et des menaces il y en a beaucoup, là, autour. Friedkin ne juge jamais ses personnages, faisant preuve à leur égard d’un regard chaleureux, empreint d’une sensibilité aiguë et d’une brutalité implacable dans la manière de filmer la violence qu’ils infligent à leur corps et à leurs esprits. Sa caméra reste au plus près d’eux amenant à une perception organique de ces corps exultant les affects qui les habitent. Ces corps suent littéralement leurs désordres intérieurs et combiné à l’usage du décor et des objets, chaque élément vient apporter sa dynamique dans le divorce de ce couple avec le monde réel.
Il y a aussi la volonté de ne pas clore le film comme si un verdict avait été rendu, de le laisser se poursuivre dans l’imaginaire du spectateur. Il ne faut pas oublier que pour le réalisateur de L’exorciste le diable existe, que son existence est possible. Non qu’il s’agisse d’un clown en costume rouge avec queue et fourche, mais en tant que force maléfique indépendante qui peut frapper des êtres, qui, soudain, deviennent le mal.
Personnellement, le couple de Bug me semble remonter à la matrice originelle, à la micro communauté fondatrice, évoquant des Adam et Eve dans un jardin paranoïaque se refusant à créer une humanité d’êtres devenus totalement dépendants de l’explosion technologique qui les entoure.
Par Olivier Puech

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

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