La maison, le monde – Communautés im-probables : Carte blanche à Olivier Puech :: Mardi 2 février à 20h

Durant la première semaine de cette quinzaine c’est à Olivier Puech que nous nous avons confié la programmation. Celle-ci s’articulera autour des rapports complexes que certains individus peuvent produire entre le monde et ce que l’on pourrait nommer «  des communautés improbables  ». Le désir de constitution de ces communautés est-il mû par la nécessité d’habiter le monde différemment ou de s’en retrancher  ? Voilà une question qui parle également du rapport que tout en chacun éprouve quant au cinéma et sa surpuissance évocatrice. Ce sont cinq films qu’Olivier Puech a choisi pour figurer ces communautés improbables. Le premier d’entre eux, Le trésor de la sierra madre de John Huston est un de ces films séminateurs qui influença des générations entières de cinéastes.

 

:: À propos du cycle « La maison, le monde – Communautés im-probables »

« Ces films nous parlent d’individus d’horizons différents qui se réunissent pour créer ensemble une cellule intime, en réaction à leur expérience du monde. Un faire ensemble que rien ne laissait prévoir et qui ira jusqu’au bout, jusqu’à la résolution de la problématique qui les a fédérés. Le motif de la maison, de l’enfance mais aussi de l’échappée y sont récurrents car à l’extérieur les forces à l’œuvre sont oppressantes incontrôlables et annihilantes. Il s’agit de reconquérir quelque chose de perdu sans regarder en arrière et d’ouvrir sur un ailleurs…Utopie ou nihilisme, destruction ou reconstruction qu’importe, l’essentiel c’est la traversée, la façon dont le spectateur interprétera les actes des protagonistes, le sens qu’il donnera à leur entreprise. » Olivier Puech

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Mardi 2 février à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Le trésor de la sierra madre
John Huston – 1948, États-Unis, 2h06, VOstFR
Dans le Mexique post révolutionnaire des années 20, deux déracinés américains rejetés parmi les déchets de toutes les sociétés, travaillent dur sur un chantier dont le chef part avec le salaire des ouvriers. Ils réussissent à récupérer leur argent et s’associent avec un vieux prospecteur pour exploiter un filon d’or dans le Sierra Madre.
Avec son deuxième long métrage, John Huston adapte un roman de B Traven, anarchiste, agitateur politique et l’une des plus fascinantes énigmes littéraires du XX ème siècle. Un romancier puissant, aux multiples identités, mêlant génialement dialectique marxiste et récit d’aventure, considérant qu’un auteur ne devrait avoir d’autre biographie que ses livres. On ne sut réellement qui il était que dans les années 80.
Traven avait une réelle détestation du capitalisme, du caractère inévitable du pouvoir et de l’argent qui le rend invincible, qui en fait une seconde nature. Tous ses livres montrent la puissance destructrice de l’argent dans l’affrontement des économies, des cultures et de l’existence même des sociétés les plus primitives, comme celles des indiens mexicains. Il place ces mots dans la bouche du vieux prospecteur quand au début de l’aventure il prévient ses compagnons : “ Ce n’est pas tant l’or qui transforme les êtres que la puissance qu’il leur donne. C’est cela qui les excite, dès qu’ils voient de l’or ou même en entendent parler”.
John Huston reprend à son compte cette dynamique du mal, en conserve les dialogues d’inspiration marxiste tout en développant la psychologie des personnages ; des êtres de chair et de sang, tour à tour courageux ou lâches, amicaux ou dangereux, altruistes ou individualistes. Entre paysages imposants à perte de vue et plans très resserrés dans lesquels le fond souvent sombre permet de scruter les visages à travers de gros plans saisissants, entre plongées et contre plongées plus qu’expressives : trognes sales, terrifiantes et terrifiées, corps en haillons, le film préfigure tout le lexique de Sam Peckinpah et Sergio Léone. Cela étant également valable pour le mythique film d’Erich Von Stroheim, Les Rapaces,1924, dont Le Trésor de la Sierra Madre est un descendant, toutefois plus optimiste sur la nature humaine.
Parabole ironique sur l’humanité et son destin Le Trésor de la Sierra Madre est aussi un grand film sur le mal intérieur, qui montre comment l’âme de quatre personnages qui ont fondé une petite communauté de travailleurs solidaires à l’écart du monde, peut être prise d’assaut par une force maléfique. Le film se passe entièrement en extérieur mais il donne un fort sentiment de claustrophobie. Les paysages naturels y sont une métaphore des paysages intérieurs des protagonistes. Pour Traven et Huston l’aventure doit être une raison de vivre, non une fuite en avant ou la concrétisation d’un projet.

« Le Trésor de la Sierra Madre est un film en noir et blanc avec un petit budget mais il montre l’étendue de ce qu’est le pouvoir du cinéma s’il est utilisé par quelqu’un qui a des idées. Pas de l’argent, pas de la technologie, pas des milliers de figurants mais de simples idées sur la nature humaineWilliam Friedkin.
Par Olivier Puech

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

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