La maison, le monde – Communautés im-probables : Carte blanche à Olivier Puech :: Jeudi 4 février à 20h


Second rendez-vous dans le cadre de la carte blanche faite à Olivier Puech ce film est une rareté absolue, c’est le film de Pascal Aubier (Peut-être auront nous l’honneur de sa présence) Le chant du départ. Peu de cinéphiles connaissent son nom et pourtant ceux qui le connaissent n’ont de cesse de lui rendre hommage. Ainsi Andreï Tarkovski dans son texte Temps, rythme et montage.

 

:: À propos du cycle « La maison, le monde – Communautés im-probables »

« Ces films nous parlent d’individus d’horizons différents qui se réunissent pour créer ensemble une cellule intime, en réaction à leur expérience du monde. Un faire ensemble que rien ne laissait prévoir et qui ira jusqu’au bout, jusqu’à la résolution de la problématique qui les a fédérés. Le motif de la maison, de l’enfance mais aussi de l’échappée y sont récurrents car à l’extérieur les forces à l’œuvre sont oppressantes incontrôlables et annihilantes. Il s’agit de reconquérir quelque chose de perdu sans regarder en arrière et d’ouvrir sur un ailleurs…Utopie ou nihilisme, destruction ou reconstruction qu’importe, l’essentiel c’est la traversée, la façon dont le spectateur interprétera les actes des protagonistes, le sens qu’il donnera à leur entreprise. » Olivier Puech

> Voir toutes les séances proposées par Olivier Puech

 

Jeudi 4 février à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

 

Le chant du départ
Pascal Aubier – 1975, France, 1h20
Dans le manège hystérique et rutilant de la joyeuse et belle société de consommation sans retenue, sept personnages se retrouvent à dîner une fois par semaine pour associer leurs solitudes. On prépare quelque chose comme une fête… Et cette fête c’est la Fin du Monde !

 

 

 

 

 

 


Pascal Aubier
est un des grands oublis impardonnables du cinéma français, peu de cinéphiles connaissent son nom ou ont vu un de ses films. Il fut assistant de Godard sur Paris Vu Par et Pierrot le Fou, avant de réaliser des courts métrages où s’affine sa dramaturgie du plan séquence qui lui vaudra l’admiration de Tarkovski pour “Le Dormeur”, d’après le poème de Rimbaud, avec son travelling de 500 mètres en pleine montagne. (Que nous passerons en avant film, soit dit en passant !)
En 1971 il réalise son premier long Valparaiso, Valparaiso, une satire des révolutionnaires de salon, avec Alain Cuny et Bernadette Laffont (> Lire l’article de Bernadette Laffont pour le journal l’Humanité). Un film surréaliste, une farandole paranoïa-critique à la Dali, déroulant l’itinéraire d’un intellectuel parisien, séduit par les discours artistiquo-révolutionnaires et qui veut partir à Valparaiso pour “passer à l’acte”.

Quatre ans plus tard sort Le chant du Départ, fable poétique contre la société de consommation. La censure frappera ce deuxième et très beau film à sa sortie : “Le classement X inauguré par Giscard visait soit la pornographie, soit l’incitation à la violence, explique Pascal Aubier, Le Chant du Départ à eut les deux à la fois”.
Défendu notamment par Roland Barthes, le film ne sera finalement interdit qu’aux moins de 13 ans à l’issue d’une campagne de presse. C’est un film bouleversant et tendre, retenu et explosé qui a l’urgence des histoires d’amour et le flamboyant abracadabrant d’une guerre totale.
Son ethnographie surréaliste d’une communauté face à la fin des utopies, sur le terrain d’une modernité à la violence impassible et au statut visuel proche de l’anticipation, orchestre des gens et des situations, des histoires qui racontent une seule et même histoire sociale, culturelle.
Bien qu’il n’y ait aucun enfant dans le film, l’enfance y joue un rôle important, en filigrane, pour sa capacité à jouer, à transcender, à s’émanciper du réel. Elle est présente au générique de façon absolue et de façon symbolique après que l’écran du film ait littéralement volé en éclat. Une chorégraphie de regards, de gestes, de voix, portée par une communauté d’acteurs avec tendresse et un jeu au délire concentré, comme à travers des cristaux…( ”Un acteur on le voit comme à travers des cristaux.
L’inspiration à paliers. Il ne faut pas trop laisser passer la littérature.Antonin ArtaudLe Pèse-nerfs.)
La trame sonore et visuelle est magistrale. jouant sur les décalages avec une grande subtilité, confrontant la douceur de l’intime du groupe, le monde intérieur de ces solitaires, à l’hystérie clignotante et pulsionnelle de l’extérieur. Les plans séquences dans le petit salon, autour de la table où sont réunis les personnages, ont quelque chose d’envoûtant. On ressent physiquement le rythme exprimant la course (ou le déroulé ?) du temps à l’intérieur du film, ce temps scellé cher à Andreï Tarkovsky. Un visage entre doucement dans le cadre, une main, un objet et quelque chose d’étonnant arrive, l’imaginaire du spectateur s’emballe…
Oui, avec Pascal Aubier le cinéma peut être un art total.
Par Olivier Puech

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€
La carte 10 séances + adhésion annuelle : 40€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

> Voir toutes les séances cinéma

 

Publicités