« Crosswind » : Film inédit à Marseille :: Mardi 12 janvier à 20h


Scène de déportation, en 1941, dans l’Estonie sous occupation soviétique. Gardés par des soldats russes, des camions déversent les prisonniers. Des fusils tendus, des corps qui chancellent, des enfants emmitouflés à la hâte, des regards hantés. Peu à peu, l’image révèle une foule immense, une procession d’étreintes et d’adieux, poussée vers la gueule béante de wagons à bestiaux. Tourmente, chaos. Pourtant, personne ne bouge. A peine un battement de cils, un frémissement d’étoffe. Seule la caméra se déplace, glisse au milieu de ces statues humaines, comme victimes d’un sortilège.

Pour évoquer l’une des heures les plus noires de l’histoire de son pays, l’Estonien Martti Helde a fait un pari esthétique pour son premier film : noir et blanc et suite presque ininterrompue de tableaux vivants, chorégraphies immobiles de la souffrance…
Filmé dans une économie précaire, sans toujours les moyens financiers nécessaires, Crosswind : La Croisée des vents a bien failli s’interrompre huit jours avant la fin de tournage. Mais sur les cinquante techniciens présents sur le plateau, quarante-huit acceptèrent de le finir sans être rémunérés.

 

Mardi 12 janvier à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

 

Crosswind : La Croisée des vents
Martti Helde – 2015, Estonie, 1h22, VOstFR

Attention film à dispositif ! Construit en grande partie, mais non exclusivement, par de longs et lents travellings qui saisissent les diverses parties de grands tableaux composés de figurants figés dans un mouvement, le film pourrait d’emblée inspirer une certaine défiance. On redoute à chaque instant que le film épuise son filon formel ou commette, au nom de celui-ci, un faux pas, une insistance démonstrative de trop. Il n’en est jamais rien.

Il ne s’agit pas de comparer les sujets ou de mettre en miroir les atrocités nazis et les déportations staliniennes, mais Crosswind n’est pas sans rappeler cette année passée cet autre premier film de László Nemes, Le fils de Saul, qui lui aussi proposa une « refiguration » de la représentation fictionnelle de cette période et de ses évènements tragiques dans une tentative ahurissante de mise en scène. Ces deux jeunes réalisateurs ne nous disent rien d’autre qu’il est urgent de nous réapproprier cette mémoire.

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec adhésion
2€ pour les moins de 14 ans
2€ pour les séances jeune public

Adhésion annuelle à l’association : à partir de 5€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

> Voir toutes les séances cinéma

 

Publicités