Cette année, Noël est annulé :: Mardi 29 décembre à 20h


Nous repassons un film projeté avant notre ouverture, à l’occasion d’un coup de cœur pour ce Québécois que nous avions invité il y a 2 ans, Robert Morin.
Attention, attention, âmes (trop) sensibles s’abstenir car Petit Pow! Pow! Noël est un film cru, voire insupportable. Procès implacable du père impotent, le fils intrusif, caméra au poing, pousse la provocation à l’extrême. À partir de son incapacité à interagir avec son propre père, Morin édifie une critique de notre monde et réussit à nous laisser perplexe quant à la nature de notre relation aux images.

 

Mardi 29 décembre à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Petit Pow! Pow! Noël
Robert Morin – 2005, Québec, 1h31

C’est la nuit de Noël. Caméra dans une main, seringue dans l’autre, un homme pénètre dans un centre hospitalier de longue durée pour aller exécuter son père impotent. Sans jamais cesser de filmer, pendant 24 heures, il fait à son père un procès implacable, où il accuse sa famille et lui-même. Cette confrontation terrible prendra fin autour d’une boîte de biscuits au chocolat.

 

Petit Pow! Pow! Noël est l’aboutissement d’un cheminement personnel et familial que Robert Morin a longuement hésité à partager avec le public.

Au Québec, Robert Morin a la réputation de ne pas faire pas dans la dentelle. Comme il se plaît lui-même à le dire, ses films font parfois l’effet d’une rondelle de hockey que l’on recevrait entre les dents et qui y resterait coincée. (d’après Manon Dumais pour voir.ca)
Cinéaste brouillant les frontières entre fiction et réalité, Morin, a réalisé une trentaine de films et connaît son heure de gloire en 2002 avec Le Nèg’, son film à plus gros budget, où il casse les dents du racisme. Ici armé d’une caméra à l’épaule, Morin revient à une forme qui n’est pas sans rappeler celle de Yes Sir ! Madame et de Quiconque meurt, meurt à douleur, que vous aurez la chance de trouver au vidéoclub car son œuvre est malheureusement difficile à se procurer en France (> Voir les films canadiens du vidéoclub).

« Je ne veux jamais rien faire au départ; tout ce que je fais, je le fais spontanément. Je ne voulais ni faire le procès d’une génération ni critiquer le système de santé; je considère que mon père a été bien traité au CHSLD, que je présente de façon hyperréaliste. Pour moi, ce n’est pas contradictoire de revenir à cette simplicité; j’avais envie de faire quelque chose de spontané, de plus intimiste. Je trouvais que le sujet s’y prêtait. C’est sûr que si j’avais demandé des subventions, on aurait refusé parce que personne ne croit qu’un scénario de 90 pages de voix off peut se faire. »

« La tragédie est devenue un tabou; aujourd’hui, on n’a pas de trouble à regarder des tragédies de Sophocle ou de Shakespeare, où les fils tuent père et mère, mais quand on les transpose dans notre monde, on se fait dire qu’on n’a pas le droit de faire ça. Le fond de l’histoire, ce sont les revendications de tout le monde à propos de leurs parents; moi qui pensais que j’étais tout seul à avoir vécu ça! C’est pour ça que j’ai pris ce banal-là pour le « garrocher » dans le tragique. (rires) J’ai choisi de raconter l’histoire en 24 heures et dans un seul lieu parce que j’aime présenter mes personnages en bout de course. J’adore l’aspect théâtral du huis-clos: ça colle à la peau, les personnages ne peuvent pas fuir, tout le monde est gris dans un huis-clos, il n’y a ni bons ni méchants. Pour un acteur, je pense que c’est ce qu’il y a de plus l’fun à faire. » Robert Morin

 

:: Les tarifs des projections cinéma

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec l’adhésion annuelle
3€ la séance avec l’adhésion de soutien
2€ pour les moins de 14 ans et séances du mercredi

Adhésion annuelle à l’association : 5€
Adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

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