Cette année, Noël est annulé :: Mardi 22 décembre à 20h


Nous commençons cette semaine de fêtes avec Le Père Noël a les yeux bleus. Jean Eustache disait vouloir parler du peuple français au peuple français. Il tourne ici à Narbonne, où il a grandit. Le film s’ouvre sur un plan de deux noirs très chics marchant dans la rue, Daniel (Jean-Pierre Léaud) les remarque et se met en tête d’acquérir le même duffle-coat, gage de réussite sociale selon lui, pour conquérir les filles. Il trouve un emploi de Père Noël pour amasser le pécule nécessaire. Les séquences où Daniel profite de sa tenue pour peloter les passantes sont vraiment très drôles et le final…

Mardi 22 décembre à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée en libre accès

Ouverture de la billetterie 30 minutes avant le début de chaque séance

 

Le Père Noël a les yeux bleus
Jean Eustache – 1966, France, 47 min

Narbonne en hiver, dans les années soixante. Un jeune homme pauvre, Daniel, mène avec ses copains une vie désœuvrée, traînant dans les bars, draguant les filles, chapardant à l’éventaire des libraires. Désireux de s’acheter un duffle-coat, il se fait embaucher par un photographe ambulant, pour lequel il va poser, déguisé en Père Noël, dans une rue commerçante de la ville, apostrophant les passants et les passantes. Enveloppé dans une vaste houppelande, le visage masqué par une fausse barbe blanche, il joue son rôle avec conviction, liant volontiers conversation avec les promeneurs, nombreux en ce temps de Noël.
Une jeune femme avec laquelle il avait convenu d’un rendez-vous le laisse tomber alors qu’il a abandonné sa défroque de Père Noël. Déçu, il rejoint ses compagnons de bamboche qui, la nuit du réveillon, envahissent les rues en fête en criant à tue-tête : « Au bordel ! Au bordel ! ».

« Jean Eustache et Jacques Rivette ont collaboré ensemble à l’élaboration d’un Cinéastes de notre temps sur Jean Renoir, le Patron. De cette expérience, ils tireront chacun un modus operandi contradictoire – « Ne rien écrire, ne jamais parler de soi, tout inventer » pour Rivette, « tout écrire, ne parler que de soi, ne rien inventer » pour Eustache (se targuant de n’avoir aucune imagination) – qu’ils se répéteront de façon complice à chacune de leurs rencontres. Le Père Noël a les yeux bleus constitue le premier volet d’une trilogie autobiographique, dont il serait chronologiquement le segment « du milieu », où Eustache ausculte son évolution de l’enfance pessacienne, à l’adolescence narbonnaise, puis l’installation parisienne. Il y reconstitue la période passée à écumer les terrasses dans le Midi, vivoter de divers expédients, nourrissant l’espoir d’emballer les pépées – avec un succès plus que relatif, à ce qu’il nous est permis d’en juger. » Jean-Gavril Sluka (dvdclassik.com)

 

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