Phantagma : Carte blanche à Aurélien Lemonnier :: Vendredi 23 octobre à 20h


Aurélien Lemonnier nous propose là un des plus grands films d’Ingmar Bergman.
Si Phantagma, le nom de ce fantôme qui erre dans le cinéma depuis sa création, peut nous apparaitre dans toute sa  beauté et sa cruauté, c’est parcequ’ Ingmar Berman l’a invoqué dans De la vie des marionnettes.
Cette semaine nous initions une idée qui nous tenait particulièrement à coeur. A savoir  ouvrir la programmation à des spectateurs avec qui nous dialoguons sans cesse depuis l’ouverture de la salle. Nous mettre en position de spectateur de l’outil que nous avons mis en place. Renverser la vapeur mais surtout continuer la discussion entamée…
Nous avons donc invité  Aurélien Lemonnier, artiste plasticien marseillais, à nous entretenir d’une idée. Celle du fantôme qui hante le cinéma : Phantagma, tel est son nom! D’Olivier Smolders à Ingmar Bergman , de la peste à Marseille aux simulacres chinois , Aurélien Lemonnier déploie le spectre d’un cinéma habité autant qu’il nous habite.

 

Vendredi 23 octobre à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Séance précédée d’une présentation-performance d’Aurélien Lemonnier

 

De la vie des marionnettes
Ingmar Bergman – 1980,Suède, 1h30, Version originale sous-titrée français

Enfermé dans une maison close, un client tue la prostituée avec laquelle il devait passer la nuit. Le film reconstitue par fragments les jours qui précèdent et suivent ce crime, afin d’essayer d’en comprendre la raison.
De la vie des marionnettes est un film brutal, froid, à vif. Un regard posé sur une certaine bourgeoisie financière et néo-libéral. C’est aussi un film où se meuvent des personnages- simulacres qui clament haut et fort leur raison sociale, leur filiation et leur réalité tangible alors que la matière même du film semblent les priver de leur existence. Ils ne sont qu’une fine couche de maquillage sur le dénuement viscéral des émotions et des sensations dont ils portent le deuil. Ce film porte sur l’assèchement de la vie, un regard structurel et sensible. Il s’agit de reconstituer par le truchement de portraits, d’attitudes, et de comportements, ce qui a bien pu pousser un employé de banque à tuer une prostituée.
La prostituée Ka est en même temps une personne d’une classe inférieur qu’il faut tuer, mais surtout elle est la sensualité incarnée. Elle sera tuée. Et tout deviendra gris pour venir mourir sur fond d’une dance music semblant symboliser l’âme de cette vie de marionnette.
Il s’agit d’une ode à la superficialité dans ce qu’elle peut avoir de plus cruelle et de plus paradoxale. L’on devient attentif à chaque détail, à chaque réalité tangible qui se perçoivent dans les regards, dans la lumière, dans chaque ride.
Que voit-on dans la surface d’un visage lorsqu’il affirme par la parole des choses qu’il semble nier par ses expressions. Il n’y a rien derrière cette superficialité. La surface ne ment pas, les paroles disent quelques choses, l’image autre chose, la confrontation de ces deux pôles forment le fantôme qui rode dans ce film, un fantôme cruel, sanglant, à l’affût d’une victime expiatoire et jouissive. Une jouissance dans la misère symbolique de leur propre condition.
De la vie des marionnettes est un défilé de fantômes dont les désirs rapiécés par le néo-libéralisme ne consistent qu’à détruire la vie comme ils ont détruit en eux-mêmes une forme de joie : celle de percevoir et d’exister. C’est un petit diamant noir qui restait pour Bergman le film qu’il préférait.
Aurelien Lemonnier

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:: Les tarifs des projections cinéma :

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec l’adhésion annuelle
3€ la séance avec l’adhésion de soutien
2€ pour les enfants et séances du mercredi

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 1h avant le début de chaque séance

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