Phantagma : Carte blanche à Aurélien Lemonnier :: Mardi 20 octobre à 20h


Cette semaine nous initions une idée qui nous tenait particulièrement à coeur. A savoir  ouvrir la programmation à des spectateurs avec qui nous dialoguons sans cesse depuis l’ouverture de la salle. Nous mettre en position de spectateur de l’outil que nous avons mis en place. Renverser la vapeur mais surtout continuer la discussion entamée…
Nous avons donc invité  Aurélien Lemonnier, artiste plasticien marseillais, à nous entretenir d’une idée. Celle du fantôme qui hante le cinéma : Phantagma, tel est son nom! D’Olivier Smolders à Ingmar Bergman , de la peste à Marseille aux simulacres chinois , Aurélien Lemonnier déploie le spectre d’un cinéma habité autant qu’il nous habite.
Pour cette première soirée, les projections seront précédées d’une performance d’Aurélien Lemonnier.

 

Mardi 20 octobre à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Séance précédée d’une présentation-performance d’Aurélien Lemonnier

 

Seuls
Olivier Smolders et Thierry Knauff – 1989, Belgique, 12 min

Olivier Smolders et Thierry Knauf ont passé un an dans un hôpital psychiatrique pour enfant afin de pouvoir s’approcher d’avantage des patients qu’ils désiraient filmer.
Toucher l’enfant. L’éprouver. Ils nous montrent ces enfants dans leur plus grande altérité. Film à l’os, dépouillé de renseignement, anti-communicationnel, Seuls est un condensé de signes musicaux captés à même la chaire. Les mouvements solitaires et répétitifs des enfants se succèdent comme des boucles électriques en circuit fermé. Paradoxalement, c’est en filmant les crises considérées comme étant les plus signifiantes d’une pathologie psychotique, que ces enfants gardent leur entière étrangeté, leur irréductibilité à une pathologie, qu’ils deviennent mouvement pur de cinéma. Ces traces d’altérité complète, d’étrangeté radicale, forment un concerto en Si mineur. Des « si » que l’on se pose sans trouver la porte de sortie ni jamais sortir de leur questionnement. Ils sont à jamais ces mouvements harmonieux du grand Autre qui hante notre conscience ; et si… et si…
Aurelien Lemonnier

 

La peste – Marseille 1720
Michelle Porte – 1982, France, 50 min
Le film évoque sous forme de chroniques la grande peste qui décima Marseille en 1720. Un narrateur dont on n’entend que la voix (de Dionys Mascolo), qui aurait pu être un notable de l’époque, rend compte au fil des jours de la progression du mal dans la ville. Ce texte imaginé à partir de sources authentiques prend toute sa force grâce aux images filmées du Marseille de 1980, vide de toute vie, et à la musique de Delalande, « Trois leçons des ténèbres« . Les tableaux représentant la peste à Marseille peints par Michel Serre sont les seules illustrations de l’époque données au regard du spectateur.

Ce film réalisé pour la télévision nous tient à distance pour commencer. Dans la distance du voyage méditerranéen. C’est par l’eau que la peste arriva. C’est par l’eau que nous arrivons dans ce film. Les corps se débattant sous la voix de Dionys Mascolo, corps sortis des archives, en pleine catastrophe, se putréfiant et brûlant à ciel ouvert, laissent une fumée noire dans notre conscience et peuplent les rues de Marseille. Les corps apparaissent littéralement en nous-même, dans les rues vides du XXème siècles. La troisième image est d’autant pus forte, d’autant plus effrayante qu’elle vient enrober les immeubles murés, les égouts ouverts, les rues désertes, un chat quelque fois. Le fantôme structure ce film, sa pensée et son déploiement. Dans le sillage d’une Marguerite Duras, La peste, Marseille 1720, tout en étant un précieux document sur la peste de 1720 et une archive rare des rues de la ville en 1982, est aussi une machine à créer des fantômes, des présences là où rien n’est visible. Ce qui constitue peut-être le coeur du travail de l’historien. Il s’agit de rendre présente cette peste à nos yeux afin de comprendre et de faire surgir ce passé pour éclairer notre présent. Le film Pose implicitement une question angoissée qui ne trouve pas de formulation précise mais qui se loge dans la question du retour de la maladie  sous une autre forme que celle de la peste.
Aurelien Lemonnier

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:: Les tarifs des projections cinéma :

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec l’adhésion annuelle
3€ la séance avec l’adhésion de soutien
2€ pour les enfants et séances du mercredi

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 1h avant le début de chaque séance

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