Le cinéma soviétique des années 60 :: Du mardi 29 septembre au samedi 3 octobre

Ouvert en 1919 à Moscou, le VGIK fut la première école de cinéma au monde. Elle fut créée afin de former les nouveaux réalisateurs du cinéma révolutionnaire.
Pour ouvrir la pénultième semaine consacrée au cinéma soviétique des années 60, nous vous proposerons donc une soirée consacrée à cette école et plus particulièrement aux courts métrages de fin d’étude des cinéastes qui ont marqués cette période. Ainsi ce sont les travaux des jeunes Tarkovski et Kontchalovsky, Mikhalkov, Klimov ou encore Gubenko qui vous seront présentés.
Il est à noter que pour la plupart, ces courts métrages sont inédits en France et qu’ils ont été pour l’occasion spécialement traduits.
Parmi les choses marquantes de cette semaine figure également le premier long métrage d’Alexei Guerman (Le septième compagnon), cinéaste démesuré, aux « innombrables petites vérités effrayantes » tel que le définissait la critique Lubov Arkus. et réalisateur de Khroustaliov, ma voiture ! ou plus récemment de Il est difficile d’être un dieu.
Après le magnifique Entrée interdite aux étrangers présenté lors d’une des semaines précédentes de notre cycle,  nous retrouverons Elem Klimov pour une des comédies satyrique de ses débuts : Les aventures du dentiste.
Mlle Tcherneva nous fera partager aussi ses recherches concernant le cinéma documentaire Balte au travers les films inédits en France qu’elle a récemment glanés dans les cinémathèques estonienne, lituanienne et lettone.

Durant cette semaine les enfants pourront quant à eux découvrir quelques joyaux de l’animation soviétique.

Du mardi 29 septembre au samedi 3 octobre
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

Toutes les séances seront présentées par Irina Tcherneva, historienne de l’URSS, du cinéma et de l’industrie cinématographique soviétiques.

Irina travaille sur le cinéma de non-fiction entre 1948 et 1968, mais le champ de ses recherches recouvre la fiction soviétique à l’époque du « dégel » (1956-1964). Actuellement, elle fait des recherches sur les cinémas baltes entre 1939 et 1949 et sur le cinéma soviétique pendant la Deuxième Guerre mondiale.
A propos du « cinéma du dégel »

 

:: Mardi 29 septembre à 20h
Le cinéma soviétique des années 60 : Soirée VGIK
25 aout 1918 : La décision de créer une école de cinéma est prise
1er sept 1919 : Une école nationale de cinéma (VGIK), dirigée Vassili Lline, ouvre
ses portes à Moscou
12 mai 1928 : Einsenstein devient enseignant au VGIK de Moscou
24 sept 1928 : Einsenstein y donne le cours « Zola et le cinéma »
1er oct 1932 : Gridassov, directeur adjoint de l’Institut national du cinéma, et 2 de ses
collaborateurs sont limogés à la suite d’une décision d’un tribunal
d’honneur.
1956 : Tarkovski entre au VGIK (Institut d’État du cinéma de Moscou) sous la
direction de Romm.

Lors de cette séance les courts métrages de fin d’étude au VGIK  des grands apprentis cinéastes de l’époque : Andrei Tarkovski, Andrei Kontchalovsky, Elem Klimov, Nicolai Goubenko, entre autres, vous seront présentés.

 

:: Mercredi 30 septembre à 16h
Le cinéma soviétique des années 60 : Séance jeune public films d’animation

Il était une fois un chien
Edouard Nazarov – 1982, Union soviétique, 11 min
Le vieux Chien est devenu inutile à son maître et on le chasse, il rencontre le Loup dans la forêt qui l’aide à regagner la confiance de ses propriétaires. En guise de remerciement, le Chien invite le Loup au mariage de la fille de son maître, mais ce n’est pas une très bonne idée…
30 ans et toujours aussi jeune, ce dessin animé nous raconte une histoire d’amitié entre le chien et le loup avec beaucoup d’humour et d’authenticité. Le film est le fruit d’un minutieux travail d’étude de la campagne ukrainienne et du quotidien de ses paysans


Film, film, film
Fyodor Khitruk – 1968, Union soviétique, 19 min
Comment se construit un film depuis la naissance du scénario jusqu’à la première.
Fyodor Khitruk est l’un des génies de l’animation russe, précurseur pour toute une génération.

Plus d’autres films à ne pas manquer !

 

:: Jeudi 1er octobre à 20h Samedi 3 octobre à 20h
Les aventures du dentiste
Elem Klimov – 1965, Union soviétique, 1h20
Dentiste dans la polyclinique d’une petite ville, Serguei Tchesnokov s’aperçoit un beau jour qu’il peut extraire les dents cariées sans anesthésie et sans douleur, ce qui lui vaut une réputation immédiate : les clients affluent mais les jaloux et les bureaucrates intriguent contre lui au point qu’il décide de cesser toute pratique…

Entre la parabole et la fable, cette comédie insolite et décapante, qui est encore dans l’esprit du Dégel, constitue une satire efficace de la société soviétique. Venant juste après Soyez les bienvenus qui avait déjà fortement déplu aux autorités, le film est immédiatement censuré.
L’action est coupée de chansons d’Okoudjava qui en commentent l’esprit (« Vis et sois heureux, tu n’as qu’une vie », « Le monde est fade sans chansons »), les personnages s’adressent souvent à la caméra, les décors sont parfois vus sur des transparences derrière les acteurs, la mise en scène frontale oblige le spectateur à se sentir directement interpellé : ces effets brechtiens situent l’œuvre entre le cinéma direct et la rêverie éveillée et confirment le talent de Klimov pour un cinéma non platement réaliste. La scène-clé, très probablement celle qui motive l’hostilité des censeurs, montre le dentiste, soumis à l’examen d’une commission de contrôle, complètement paralysé et ne parvenant plus à réussir l’extraction indolore.

 

:: Vendredi 2 octobre à 20h
Le cinéma soviétique des années 60 : Documentaires des républiques Baltes

Irina Tcherneva nous reviens d’un été marqué par un voyage lié à ses recherches personnelles dans les cinémathèques baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie). Elle nous en ramène des documentaires totalement inédit en France.

Avec :
La mémoire de la terre
1982,  Estonie, 11 min
Réflexions
1966, Lituanie, 17 min
Les rêves des centenaires
1969, Lettonie, 23 min
La quatrième dimension
1967, Lettonie, 18 min

 

:: Samedi 3 octobre à 20h Jeudi 1er octobre à 20h
Le 7ème compagnon
Alexei Guerman – 1968, Union soviétique, 1h29

De sa traduction la plus juste, Le 7ème satellite est le premier film d’Alexeï Guerman, co-réalisé avec Grigori Aronov. Adaptation d’un récit de Boris Lavrenev. L’action se situe durant la “Terreur rouge”, pendant la Guerre civile, et met en scène un ancien général de l’Armée du Tsar, professeur d’histoire du droit à l’Académie juridique militaire, Evgueni Pavlovitch Adamov. Celui-ci est arrêté par les bolcheviks à l’automne 1918, en tant qu’otage parmi d’autres, tous bons à fusiller. C’est un homme vieillissant, seul, qui se démarque des autres byvšie (« ci-devant »), arrogants, très marqués « Ancien Régime », par son approche plus humble, plus humaine. Il est finalement relâché par les bolcheviks pour n’avoir participé à aucune forme de violence ni d’injustice. Retournant dans son ancien logement, il réalise que celui-ci a été transformé en appartement communautaire, qu’il n’y a pas de place pour lui…


Un des aspects intéressants de ce premier film est de montrer les différentes facettes de la Révolution, ses ambiguïtés, et les interrogations existentielles du héros à ce sujet. il montre déjà le goût du réalisateur pour les héros non conformistes. De fait, Le septième satellite a constitué le premier passage du réalisateur par la censure. Guerman apprendra en effet vingt ans plus tard, au moment de la perestroïka, une fois son coréalisateur décédé, que cette œuvre avait été interdite sans qu’ils le sachent. Toutes les copies avaient été retirées de la circulation sans laisser de traces, même à Lenfilm où le film avait été tourné .

> Voir toutes les projections du cycle « Le cinéma soviétique des années 60 »

 

Tarifs des projections cinéma :

5€ la séance sans adhésion
4€ la séance avec l’adhésion annuelle
3€ la séance avec l’adhésion de soutien
2€ pour les enfants et séances du mercredi

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 1h avant le début de chaque séance

> Voir toutes les projections au Videodrome 2

 

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