Luna Park Films présente : Cinéma japonais, regards sur la Seconde Guerre mondiale #1 :: Samedi 26 septembre à 20h

Après la défaite, un certain nombre de soldats japonais décidèrent de ne pas rentrer au pays. 26 ans plus tard, l’enfant terrible de la Nouvelle Vague japonaise, Shohei Imamura, part à leur recherche en Thaïlande afin de comprendre pourquoi ils ont préféré rester sur place. Pour le gouvernement japonais d’alors, le problème n’existe pas : soit les combattants sont revenus du front, soit ils sont morts. L’expression « mikkanhei », terme qui désigne ces soldats qui ne sont pas revenus, est prohibée.

Samedi 26 septembre à 20h
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
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Entrée en libre accès

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 1h avant le début de chaque séance

 

En suivant ces soldats qui ne sont pas revenus : La Thaïlande
Shohei Imamura – 1971, Japon, 43 min, VOstFR

Après la guerre, un certain nombre de soldats japonais ont préféré ne pas rentrer au pays. Imamura part à leur recherche en Malaisie puis en Thaïlande afin de comprendre pourquoi ils ont préféré rester sur place, comment ils ont vécu leur “après-guerre”, ce qu’ils pensent de leur patrie. Parmi ces anciens soldats, l’un fait de l’agriculture près de la frontière birmane, les deux autres font de la médecine dans la région d’Ayutaya.

La Brute revient au pays natal
Shohei Imamura – 1973, Japon, 46 min, VOstFR
Trois ans après les deux documentaires sur ces soldats qui ne sont pas revenus, Shohei Imamura invite l’un des interviewés, « Matsu la brute », installé en Thaïlande, à retourner au Japon.
De retour après trente-trois ans d’exil, il est accueilli à l’aéroport par une meute de photographes, tel un fantôme surgissant du passé. L’homme retrouve sa sœur, ses vieux amis, un pays qui le déçoit aujourd’hui, et découvre qu’il a été opportunément déclaré mort. Son frère aîné – qui le méprise – doute de ses blessures militaires. S’ensuit un violent happening familial…

:: La critique
Il est relativement aisé de comprendre pourquoi la série fut censurée à l’époque.
« Chemin faisant, Imamura met à jour les trahisons mémorielles de l’écriture de l’histoire du conflit et celle de ces hommes abandonnés ou laissés pour morts sur le front à la suite de l’humiliation de la capitulation. (…)
En Thaïlande, il croise un nationaliste fervent devenu paysan, déçu par l’empereur et l’égarement dans l’avidité de ses compatriotes lors du miracle économique d’après-guerre. À son retour au Japon trente ans après, alors qu’il fut enterré par ses proches qui l’ont longtemps tenu pour mort, son frère enrichi lui dira : “Qu’est-ce que t’as foutu ? J’ai fait venir dix couronnes mortuaires pour tes funérailles !”
Sans frémir, il raconte les horreurs commises : “Presque trente mille personnes dans une fosse, j’ai eu l’ordre de les asperger d’essence pour les brûler vivantes.”
Puis on suit le même dans ses retrouvailles avec son pays natal, dont il voudrait comprendre pourquoi l’histoire officielle a préféré l’effacer. Il interroge les anciens camarades, va lire son avis de décès aux archives et demande partout : “Bonjour, je viens savoir qui m’a tué.”
Impavide, l’œil d’Imamura scrute documents officiels, cartes des batailles, monuments aux morts, non sans rendre hommage à « l’amas de rejetés », tous ceux que le train express du Japon dit prospère « a dégorgés tels de vieux déchets dont il ne s’occupe plus”, dans une diatribe qui clôt cette investigation polyphonique d’une vérité elle aussi portée disparue. » (Julien Gester pour les inrocks)

:: Le réalisateur : Shohei Imamura
Associé à la Nouvelle vague japonaise au même titre que Nagisa Oshima et Kiju Yoshida, il est découvert en France au début des années 1960 avec La Femme insecte. Son style se démarque des productions nippones majoritaires. Baroque et provocante, son œuvre dénote une critique sociale radicale et se caractérise par des recherches plastiques et dramaturgiques singulières, mêlant fantaisie, symbolisme et documentaire. Elle épouse souvent le point de vue de marginaux ou du bas de la société et propose une quête esthétique et philosophique dans l’exploration de l’atrocité, de l’horreur historique et de la répugnance animale ou humaine.
Imamura a reçu deux Palmes d’or au Festival de Cannes : la première en 1983 pour La Ballade de Narayama et la seconde en 1997 pour L’Anguille.

 

:: Le partenaire de programmation
Créé en 2014, Luna Park Films est une structure de production, de distribution et d’édition de films indépendants, basée à Toulon (83).
Édité par Luna Park Films, le DVD La Femme Bourreau (Les films maudits de Jean-Denis Bonan) sera dans les bacs le 04 novembre 2015. Ce sera le premier opus d’une collection DVD consacrée à des raretés (et inédits) du cinéma français des années 60.

Les séances précédentes proposées par Luna Park Films au Videodrome 2 :
> OVNI, raretés et autres étrangetés par le distributeur Luna Park Films :: Du mardi 16 au samedi 20 juin

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