OVNI, raretés et autres étrangetés par le distributeur Luna Park Films :: Du mardi 16 au samedi 20 juin

Un puzzle inextricable entre Kafka et Surréalisme. Un projet documentaire sur un grand poète qui vire au burlesque et à l’épopée cosmique. Une comédie d’outre-Rhin sur un petit-bourgeois fanatique d’ordre et de sécurité. Une farce provocatrice sur « la bouffe de merde » ou l’histoire d’un martyr imaginaire…

:: OVNI, raretés et autres étrangetés
Du mardi 16 au samedi 20 juin
à 20h30
Videodrome 2, 49 Cours Julien, 13006 Marseille
> Voir le plan

Séances présentées par Francis Lecomte


Luna Park Films vous propose de découvrir à travers quatre séances des œuvres rares, méconnues voire totalement inédites.
Avec le concours du Goethe-Institut, les deux premières projections, présenteront deux films allemands réalisés respectivement en 1962 et en 1976. Le premier est l’œuvre de Ferdinand Khittl (1924-1976), pionnier du Nouveau Cinéma allemand et cinéaste injustement oublié. La Route parallèle reste une expérience cinématographique unique, sans équivalent et sans lendemain (classée à la rubrique avant-garde, cette œuvre à l’humour glacial ne connut qu’une brève et secrète carrière).
Cinéaste et écrivain né en 1932, Alexander Kluge est considéré par beaucoup comme le plus grand réalisateur allemand vivant (et toujours en activité). Formellement plus classique que ses films précédents, Ferdinand le radical, très peu vu en France, n’a rien perdu de sa causticité.
Malgré une presse dithyrambique, la sortie en 2004 de Le Dernier des immobiles fut un échec, la faute en incombe en grande partie au distributeur de l’époque. D’abord conçu puis financé comme un documentaire sur le poète Matthieu Messagier, le premier film de Nicola Sornaga se mua en une singulière aventure poétique (et joyeusement foutraque) au pays de Trêlles, lieu imaginaire cher à M. Messagier, tout à la fois acteur et unité pivotale de cette fiction.
La dernière séance regroupera deux courts métrages français inédits. Tristesse des anthropophages (1966), de Jean-Denis Bonan et Liberta, agent spatial anti-mythe de Jean-Noël Delamarre (1970). Charge frontale contre la société de consommation naissante, la farce « Bunuelienne » de Bonan fut interdit à tous les publics (et à l’exportation !) sitôt achevée. Liberta est un témoignage unique sur le cinéma de genre à travers une histoire conçue à partir d’un millier d’affiches peintes qui ornaient autrefois les frontons des cinémas de quartiers.
Quatre séances très distinctes pour quatre déclinaisons de l’humour.

 

Mardi 16 juin à 20h30
entrée en libre accès
:: La Route parallèle (Die Parallelstrasse)
Ferdinand Khittl – 1962, Allemagne, 1h23, version française

Cinq hommes, cinq membres d’une « société » regardent pendant trois nuits, sous la houlette d’un « Secrétaire », 308 « documents » filmiques de la vie d’une « personnalité problématique » dont, au final, on se saura rien. Ils doivent leur trouver un ordre, donc un sens. Nous ne verrons que 16 documents. Le film commence avec la fin de l’un d’entre eux et de la deuxième nuit. La troisième commence. L’absurdité de la mission, comme la menace de mort qui pèse sur l’existence des personnages, assis dans le théâtre nocturne d’une immense salle, sont données d’entrée de jeu. Nous apprenons dès le début que les jurés, qui l’ignorent, seront tous exécutés à la fin, comme leurs prédécesseurs !…
Un jeu subtil et déroutant, intégrant des prises documentaires à un dispositif de fiction pour un procès qui n’est pas sans évoquer Kafka et le Surréalisme.
Grand prix du Festival du cinéma expérimental de Knokke-Le-Zoute en 1964 (sortie en salles en France en 1968).

« La route parallèle, de l’allemand Ferdinand Khittl est un anti-documentaire, un travelogue fou qui exclut toute possibilité de son propre remake. C’est une machine à dépecer, filigraner, mystifier et pulvériser le réel. Il est fait à première vue, d’une série de “documents” filmés et numérotés, laissés en testament par un défunt énigmatique, et qu’une équipe d’enquêteurs, suivant un règlement assez retors, accepte de classer, d’interpréter. Trois nuits durant, cette équipe tente de déchiffrer le puzzle : si elle échoue, elle sera exécutée et remplacée par une nouvelle équipe de cinq volontaires apparemment prêts au suicide. » Le western de la méditation. Robert Benayoun, Positif, 1968

 

Jeudi 18 juin à 20h30
entrée en libre accès
:: Ferdinand le radical (Der starke Ferdinand)
Alexander Kluge – 1976, Allemagne, 1h31, version originale sous-titrée en français

Ferdinand Rieche, ancien commissaire de police, est maintenant responsable de la protection d’une grande usine de produits chimiques. Il a dû quitter la police à cinquante ans pour avoir fait du zèle sans discernement. Dans l’usine, sa nouvelle tâche consiste à développer un service de protection valable ; il y procède de manière toute militaire. Toutefois, Ferdinand reste frustré car, hormis la présence occasionnelle de manifestants devant les portes de l’usine, il n’a pas grand-chose à faire. Une explosion se produit dans l’usine. S’agit-il de sabotage ou d’un accident ? Rieche renforce ses mesures de sécurité, acquiert des appareils électroniques de surveillance…
Le portrait comique du petit-bourgeois fanatique qui ne pense qu’à l’ordre et à la sécurité. Avec Heinz Schubert, Verena Rudolph
Prix de la Critique, Festival de Cannes 1977.

 

Vendredi 19 juin à 20h30
:: Le Dernier des immobiles
Nicola Sornaga – 2003, France, 1h43

Nico, un jeune joueur de yukulélé, décide de faire un film sur Matthieu Messagier, un grand poète qui lit L’Equipe en fumant des havanes. Ce qui devait être un simple documentaire tourne au burlesque et à l’épopée cosmique.
Avec Matthieu Messagier, Dinara Droukarova, Nicola Sornaga, Michel Bulteau, Jacques Ferry, Alain Fride, Thierry Beauchamp, Pierre Péchin.

« Un film impossible à étiqueter, un premier, fauché ça va sans dire, sur un poète aussi génial que méconnu, Matthieu Messagier, «dernier des immobiles» puisque cloué sur un fauteuil roulant depuis trente ans. Dites cela et il y a peu de chance qu’il reste encore quelqu’un dans la salle. Pourtant, si Le Dernier des immobiles est un premier film, il l’est de la même façon que l’on dit d’une matière qu’elle est première.
On n’est pas les premiers à le dire : après avoir été sélectionné à Venise et avoir raflé le prix du public à Belfort, Le Dernier des immobiles a reçu les suffrages tout ébaubis de Nanni Moretti, Philippe Garrel et André S. Labarthe, ce dernier comparant le film de Nicola Sornaga à l’Age d’or de Luis Buñuel lui-même. » Philippe Azoury ( > Lire l’article du Journal Libération du 16 juin 2004)

 

Samedi 20 juin à 20h30
:: Tristesse des anthropophages
Jean-Denis Bonan – 1966, France, 23 min

Un homme contraint de gagner sa vie comme « producteur » dans le dernier scato-service à la mode se souvient des événements qui l’ont mené jusque-là.
Avec Bernard Letrou, Nicole Romain, Alain-Yves Beaujour, Jean-Denis Bonan, Catherine Deville, Bernard Egypte, Aguigui Mouna, Jean Rollin

« Elle est jubilatoire, la Tristesse des anthropophages. Deux ahuris tombent de leur arbre, mûres à point ces deux pommes pour vérifier l’information et découvrir les déjections mentales qui pèsent sur les pauvres humains. Le Christ n’a plus qu’à dégringoler du calvaire, faire à rebours son chemin de croix et retrouver le ventre de la Vierge (…) » Jean-Pierre Bastid, écrivain et cinéaste.

 

:: Liberta, agent spatial anti-mythe
Jean-Noël Delamarre – 1970, France, 26 min

À partir de milliers de photos d’affiches en toile peinte (S-F, peplum, aven-
tures, épouvante, sexy…), les affiches qui ornaient autrefois les frontons des
salles de ciné, Jean-Noël Delamarre et Philippe Gras ont écrit et réalisé un
remarquable voyage à travers les mythes du cinéma populaire. Drôle, amusé,
presque situationniste. Liberta, superbe agent spatiale, est envoyée sur Terre
par les Dieux pour y remettre bon ordre. Hélas…
Avec les voix de Philippe Gasté, Dominique Erlanger, Adrien Forge

 

:: Luna Park Films
Créé en 2014, Luna Park Films est une structure de production, de distribution et d’édition de films indépendants, basée à Toulon (83).
Édité par Luna Park Films, le DVD La Femme Bourreau (Les films maudits de Jean-Denis Bonan) sera dans les bacs le 04 novembre 2015. Ce sera le premier opus d’une collection DVD consacrée à des raretés (et inédits) du cinéma français des années 60.

 

:: Tarifs des projections cinéma :
4€ la séance
3€ la séance avec l’adhésion de soutien
2€ pour les enfants et séances du mercredi

adhésion annuelle à l’association : 5€
adhésion de soutien à l’association : 20€

Ouverture de la billetterie 1h avant le début des séances

> Voir toutes les séances cinéma

 

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