Un article de La Marseillaise :: Lundi 02 mars

photo Robert Terzian

Nous sommes tout juste ouverts et il est bien normal que les questions à propos de notre nouveau lieu de Diffusion Cinématographique Alternative fusent : C’est quoi le concept ? Est-ce que la location de dvd a de l’avenir ? Qui se cachent derrière le comptoir du bar à films ? Quelle sera la programmation dans la salle de projection ?
C’est à Cédric Coppola que nous avons répondu pour le journal La Marseillaise paru lundi 02 mars 2015.

« Videodrome 2, ça déménage !

Désormais installé au Cours Julien, le vidéoclub s’agrandit et se modernise. Il dispose désormais d’un espace bistrot et d’une salle de projection « non commerciale ».
C’est un fait, les Vidéoclubs n’ont plus la côte. Omniprésents dans les années 1990 et second dans la chronologie des médias, alors plus étalée sur le temps, ils permettaient donc de voir les films en amont de leur mise en vente dans le commerce et de la diffusion sur une célèbre chaîne cryptée. Depuis, les services de Vidéo à la demande (V.O.D) ou récemment de service de vision en streaming -sont passés en situation de monopole, au point de voir la quasi-totalité de ces boutiques fermées. C’est dire si le Videodrome, qui résiste depuis des années à cette hécatombe, fait figure d’exception. Mieux, aujourd’hui il fait peau neuve en quittant la rue Vian pour s’installer directement sur le Cours Julien, en gagnant au passage un bar terrasse et une salle de projection.

Cette survie, à contre-courant vient de l’initiative de son fondateur Emmanuel Vigne, qui devant le déclin inévitable de la profession, avait eu l’ingénieuse idée, de « casser » la formule de la location à l’unité pour proposer un abonnement annuel à 35 euros… Un prix défiant toute concurrence. Et si cette offre a depuis augmentée (45 euros pour deux films sur trois jours, 60 euros pour trois films à la semaine), elle reste très attractive et compte plus d’un millier d’émules. Autre initiative de l’actuel directeur du cinéma Le Meliès à Port-de-Bouc, avoir laissé les clés à une troupe motivée de six trentenaires, trois gars, trois filles, qui ont rapidement trouvé leur mode de fonctionnement par la création d’une Scop (Société coopérative et participative) et d’une association afin de gérer au mieux les différentes activités. Et s’ils sont tous des responsabilités spécifiques, l’arrivée des nouveaux films dans le catalogue -une cinquantaine par mois- est faite en commun, sur de simples propositions.

Le catalogue sur tablettes
Au total, le Videodrome dispose de 5000 galettes qui sont à la disposition du public essentiellement constitué d’habitants ou de personnes travaillant dans le quartier… bien que le concept attire de plus en plus de non marseillais. Majoritairement art et essai, le catalogue touche aussi les blockbusters, les films jeunes publics et même les séries, très en vogue en ce moment. D’un point de vue déco, exit les fiches de films accrochées ici et là, place au web et aux tablettes. Et si la liste complète des œuvres est accessible via le web, il est nécessaire de se rendre sur place pour voir les disponibilités. Et donc de se laisser tenter par une découverte, au cas où le film souhaité n’est plus dans les bacs… Autre atout du Videodrome 2, la vente de bouquins sur le cinéma. Pour l’heure, l’espace librairie est mince mais devrait rapidement s’étoffer.

Mais la principale raison de ce déménagement, en plus de l’ouverture de l’espace bistrot, est la création d’une salle de cinéma. Un pari osé, qui a demandé à la troupe, une fois le bon local trouvé -celui d’un ancien bouquiniste- de tout retaper. Et après quelques mésaventures, dont un dégât des eaux, empêchant une inauguration à l’automne, la salle de projection est en passe d’ouvrir ses portes. Un cinéma « non commercial », en conséquence à l’écart des sorties nationales, comme le sont par exemple l’Alhambra et le Gyptis. Ici, l’esprit se rapproche plus du Polygone Etoilé, situé à la Joliette.

Être « alternatif »
Une faiblesse ? Non une « volonté » à en croire Justine Simon, notamment en charge de la communication. « A la base nous sommes tous réalisateurs et nous avions du mal à trouver des espaces de diffusion. C’est difficile lorsqu’on est hors circuit. L’idée est de s’ouvrir au plus grand nombre, d’être alternatif et de montrer qu’il est possible de sortir du circuit conventionnel », explique la jeune femme également comédienne pour la compagnie Kartoffeln. L’idée est donc d’inviter des structures implantées à Marseille, comme le FID ou les Films de force majeure, d’organiser des temps forts autour de cinéastes, des avant-premières ou d’obtenir par à-coups « des films qui ne sortent pas à Marseille », où l’offre est assez démunie de ce côté-là.

Et plus qu’une dizaine de jours à patienter avant la première séance, prévue le 10 mars avec une carte blanche accordée au festival Risc (Rencontres Internationales Sciences et cinémas) qui reprendra les films primés lors de sa dernière édition. Un ciné-concert assuré par Feromil et sa « Transe post-industrielle jouée au détecteur de métaux… » (le 13), un programme dédié au Carnaval de la Plaine et de Noailles (le 14) et une soirée de soutien (le 20) à l’Embobineuse, en difficulté financière, suivront. Sans compter un cycle thématique « Les nouvelles vagues à travers le monde », entamé en avril par une sélection autour du cinéma russe des années 1960. » Cédric Coppola

> Lire l’article sur le site de La Marseillaise

 

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